Le baliste commun

Fiche poisson, dernière mise à jour : 30/10/2020

Juvénile

A l'âge adulte

Introduction

Le baliste, également appelé « baliste gris », « baliste commun » et plus rarement « cochon de mer », est un poisson rencontré de la mer Noire jusqu'à la mer des Caraïbes. Il réside également des côtes Sud-Est du Brésil jusqu'au Canada, sur la façade Ouest de l'océan Atlantique. Sur la façade Est, il est répertorié de l'Angola à l'Irlande. Sa présence en zones limitrophes est plus sporadique. Il fait partie des espèces avec la plus large répartition dans la zone Atlantique.

Fait peu connu en Europe, les balistes sont des poissons réputés pour leur chair. Ils font les frais d'une pêche intensive historique outre-Atlantique et près des côtes africaines. Des évaluations réalisées sur les stocks au Mexique ont montré que les taux de prise induits par les pêches commerciales et récréatives ne sont pas durables. Depuis un pic de captures datant de 1990, les populations ne cessent de diminuer.

Depuis 2015, le baliste est considéré comme "vulnérable" par l'IUCN et ces poissons devraient être relâchés en cas de capture accidentelle.

Sur le littoral français, il est rencontré le long de la Méditerranée et dans le golfe de Gascogne. Bien que rare, il est parfois observé en Bretagne où il fut l'objet d'articles de presse sensationnalistes. Ces derniers évoquaient l'arrivée d'un poisson tropical sur les côtes françaises. En vérité, il avait déjà été répertorié au siècle dernier avant d'avoir quasiment disparu. Avec le réchauffement des eaux, cette espèce solide pourrait étendre son aire de répartition.

Bien que d'affinité tropicale, il fait partie, avec la girelle paon et le poisson-perroquet rouge, des espèces autochtones de mer Méditerranée. Le réchauffement climatique semble jouer en la faveur de ce trio dont les populations étaient autrefois cantonnées aux zones Sud et Est de la Méditerranée. La girelle paon est aujourd'hui présente en Corse ou sur la côte d'Azur. En juillet 2020, une série de morsures sur les côtes françaises pourraient être imputées à des balistes qui protègent leur nid.

Qui est-il?

Informations scientifiques

Famille Balistidae
Genre Balistes
Descripteur (Gmelin)
Année de description 1789

Spécificités des espèces du genre

Comme tous les balistidés, le genre Balistes est caractérisé par la présence de deux épines érectiles, l'une sur la nageoire dorsale (premier rayon), l'autre en partie ventrale, issue de la fusion des nageoires pelviennes.

L'épine dorsale possède un mécanisme de blocage, permettant au baliste de ne pas être mangé par un prédateur, ou encore de se bloquer entre deux pierres.

Caractéristiques principales

  • Taille
    entre 44 et 60 cm
  • Forme
    ovale
  • Motif
    marbrures
  • Mimétisme
    Aucun

Comment me reconnaître ?

Le baliste commun possède un corps de forme ovale et majoritairement gris. Des marbrures marron aux reflets bleutés sont parfois visibles sur les flancs.

Les yeux sont petits, indépendants et situés très hauts sur la tête.

Les nageoires pectorales sont courtes et transparentes. La nageoire caudale est longue en forme de lyre. Comme chez la plupart des balistes, la deuxième nageoire dorsale et la nageoire anale sont bien développées et servent à la nage.

Dimorphisme & Dichromatisme

Les mâles sont plus gros que les femelles.

Mode de vie & Comportement

  • Sociabilité adulte
    vivant en groupe ou en solitaire
  • Mode de vie
    Diurne
  • Territorial
    Non
  • Type de nage
    plutôt calme

Les adultes nagent le long du fond, seuls ou en petits groupes, tandis que les juvéniles sont rencontrés à la surface, à proximité des sargasses. La nage peut être énergique mais ces poissons sont généralement calmes. Hors période de reproduction, ils sont plutôt nocturnes et parcourent les récifs en quête de mollusques et de crustacés.

Balistes capriscus défend son territoire en période de reproduction et devient agressif.

Poisson potentiellement dangereux

Les balistes sont des poissons caractériels, en particulier en période de reproduction. Il n'hésite pas à s'attaquer à des baigneurs qui s'approcheraient de leur nid. Contrairement aux vives, raies et rascasses, ce poisson n'est pas venimeux et se cantonne à de petites morsures, à l'image des grands piranhas. Il est moins virulent que son cousin tropical le baliste titan.

Les morsures et petits coups sont sans danger pour les baigneurs, mais peuvent se révéler problématiques lors de plongées. En effet, il est arrivé que des balistes cassent les masques de plongeurs aguerris à des profondeurs importantes. De plus, les balistes défendent un territoire conique à partir de leur nid, à la verticale. Ainsi, remonter droit au-dessus d'un nid n'arrête pas le baliste dans son attaque. Il est nécessaire au contraire de s'éloigner sur le côté.

Mode de reproduction

Les balistes sont connus pour protéger la ponte et apporter des soins. La femelle prépare un nid dans le sable pour y déposer ses œufs. Ces derniers sont incubés entre 12 et 58 heures puis sont emportés par les courants. Les juvéniles ont un stade pélagique prolongé. Ils passent entre 4 et 7 mois à la surface, camouflés dans des algues brunes de type sargasse.

Mâles et femelles atteignent la maturité sexuelle à la même taille : 25 cm. Cependant, les mâles l'atteignent à un an, tandis que les femelles mettent 2 ans. En mer Méditerranée et dans le golfe du Mexique, la saison de reproduction a lieu de mai à août. En Afrique de l'Ouest, elle se déroule entre octobre et décembre, et au Brésil entre novembre et février.

D'où vient-il?

Statut de conservation IUCN

En Savoir Plus

Une espèce est dite Vulnérable lorsque les meilleures données disponibles indiquent qu’elle remplit certains critères (population gravement fragmentée, déclin continu, moins de 10.000 individus matures, zone d'occupation très réduite).

Présence géographique & Etat des populations

L'espèce est présente dans la quasi-totalité de l'océan Atlantique. Autrefois très commun, les balistes sont aujourd'hui menacés par la surpêche sur une large partie de leur aire. Dans plusieurs régions, ils sont encore capturés avant d'avoir eu le temps de se reproduire. 

Des scientifiques estiment une baisse de 63 à 68 % de la population sur trois générations, sur 25 à 75 % de son aire (golfe du Mexique, golfe de Guinée et Brésil).

Golfe du Mexique aux États-Unis : Cette espèce a constitué une ressource halieutique majeure pendant les années 80 et 90 au Texas, Mississippi, Alabama, Louisiane et Floride. Depuis 1990, et encore plus 1993, les populations sont en déclin constant. Des plans de conservation ont été mis en place mais aucun signe de rétablissement n'était encore évident en 2014.

Sud du golfe du Mexique : Il existe peu de statistiques sur cette région. Les balistes semblent moins nombreux, ciblés principalement par la pêche artisanale, en particulier dans les Caraïbes. Des études d'ampleur sont manquantes pour évaluer les stocks.

Côte Atlantique Nord Ouest : L'espèce n'est pas ciblée par les pêcheries industrielles et semi-industrielles dans cette région. Cependant, le taux de capture accidentelle a été divisé par 5 depuis les années 70, suggérant une réduction des populations.

Brésil : La situation sur la côte sud-américaine est l'une des plus préoccupantes. Exploité depuis les années 60 au large de l'État de São Paulo, le baliste a d'abord été pêché comme poisson divers. Il a commencé à faire l'objet d'une pêche intensive pendant les années 90 et 2000. Il est devenu l'une des principales ressources halieutiques dans l'État d'Espirito Santo avant un effondrement des stocks, qui a entraîné sa disparition du commerce. Les pêcheries aux filets maillants, avec une taille de maille inférieure à la taille de reproduction, sont tenues pour responsables de cette catastrophe écologique. Les scientifiques estiment que près de la moitié des poissons capturés n'étaient pas mâtures.

Côte de l'Atlantique Sud-Est et Méditerranée : Du côté africain, après avoir été l'espèce la plus pêchée du golfe de Guinée pendant près de 20 ans, les populations se sont également effondrées. Après un âge d'or dans les années 70 et 80, les prises ont diminué, voire se sont effondrées au Ghana, au Togo, au Sierra Leone, en Côte-d'Ivoire et au Cap-vert. En Côte-d'Ivoire, ce poisson très abondant dans les années 80 a quasiment disparu à partir de 1993. Une seconde espèce, B. carolinensis, a vu ses populations s'aménuiser suite à la surexploitation.

Au Ghana, en 1979-1980, le baliste correspondait à 62% de la biomasse totale de poissons démersaux des eaux côtières. Au cours des années 80, environ 8.000 tonnes de balistes étaient capturés par an dans les eaux ghanéennes. En 1995, 2 tonnes de balistes ont été pêchées. Plus récemment, l'espèce pourrait commencer à s'être rétablie au Ghana et au Sierra Leone, où elle fait partie de 20 espèces les plus fréquemment rencontrées.

Côte de l'Atlantique Nord-Est : La Tunisie et le Portugal sont les pays ayant réalisés le plus de captures sur la période 1993 - 2009, avec une moyenne de 77 tonnes par an. En 2009, la Libye a pêché 432 tonnes de balistes. En Irlande, une augmentation des captures a été répertorié entre 1989 et 1991, date qui pourrait correspondre avec les années d'observation de balistes sur les côtes bretonnes.

Quel est son écosystème?

Caractéristiques du milieu

  • Pronfondeur
    0 - 100 m
  • KH
    7 - 12
  • Courant
    Faible - Moyen

Présentation du biotope

On retrouve le plus souvent le baliste entre 10 et 50 mètres de profondeur. Les adultes fréquentent les zones littorales peu profondes comme les herbiers, les récifs coralliens ou les baies rocheuses. Ils sont parfois présents dans les ports et les estuaires.

Ses nombreux cousins colorés sont quant à eux des habitants fréquents des récifs coralliens.

Immersion au cœur du biotope

Littérature associée à l'espèce

Pour aller plus loin

En apprendre plus sur la toile

Réalisation

Participation & Validation

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Adrien Falzon

Benoit Chartrer

Julie Magnus

Références bibliographiques

BALISTIDAE - Triggerfishes - K. Matsuura - FAO Fisheries Synopsis - 0.

A new maximum length for the grey triggerfish, Balistes capriscus Gmelin, 1789 (pisces: Balistidae) from the Adriatic Sea - Dulčić Jakov - Alen Soldo - INSTITUTE OF OCEANOGRAPHYAND FISHERIES - SPLIT CROATIA - 2005.

Age, growth, and mortality of gray triggerfish (Balistes capriscus) from the southeastern United States - Michael L. Burton - Jennifer C. Potts - Daniel R. Carr - Michael Cooper - Jessica Lewis - NOAA - National Marine Fisheries Service - 2014.

The reproductive biology of the grey triggerfish Balistes capriscus (Pisces: Balistidae) in the Gulf of Gabe` s (south-eastern Mediterranean Sea) - Hichem Kacem - Neifar Lassâd - Marine Biological Association of the United Kingdom - 2014.

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Modèle de fiche et contenu © Fishipedia / Encycloweb - Reproduction non autorisée sans demande préalable - ISSN 2270-7247

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