La grande vive

Fiche poisson, dernière mise à jour : 12/10/2020

Introduction

La grande vive est un poisson marin venimeux rencontré proche des littoraux de l'océan Atlantique Est, de la mer Méditerranée et de la mer Noire. C'est l'une des vives les plus communes et les plus étudiées de la région.

Elle est répertoriée de la Norvège jusqu'au Maroc, à Madère et aux îles Canaries.

En cas de danger, elle n'hésite pas à infliger une piqûre venimeuse à l'aide de ses épines latérales.  La douleur est intense et sans traitement de la zone touchée, les risques de complication sont importants.

Qui est-il?

Informations scientifiques

Famille Trachinidae
Genre Trachinus
Descripteur (Linnaeus)
Année de description 1758

Spécificités des espèces du genre

Les espèces du genre Trachinus appartiennent à la famille des Trachinidae. Ces poissons communément appelés « vives » sont connus du grand public pour leurs piqûres venimeuses parfois dangereuses et extrêmement douloureuses.

En 2020, on compte 8 espèces dans ce genre, la plupart vivant dans l'océan Atlantique Est. Une espèce pourrait être présente dans le Pacifique, près des côtes chiliennes. Ces poissons de petite à moyenne taille se rencontrent principalement dans les fonds vaseux, boueux et sableux des eaux côtières et sont rarement observés au-delà des 100 mètres de profondeur.

Spécialistes du camouflage, les vives passent la plupart de leurs journées enfouies dans le sable. Contrairement aux grandes raies pastenagues, elles ont tendance à fuir si des humains approchent. La nuit, elles chassent et nagent librement, parfois en zone pélagique. Elles sont exclusivement carnivores et se nourrissent de petits poissons et de crustacés.

Leur corps est allongé, assez comprimé avec un pédoncule caudal court. La tête est petite, avec un museau court et des yeux situés bien en amont. Les nageoires pelviennes sont situées en avant des pectorales. Les vives possèdent deux nageoires dorsales, une première avec plusieurs épines venimeuses et une seconde longue et composée de rayons mous. Une épine venimeuse est présente au niveau de l'opercule. Une étude a montré que ces épines latérales sont bien plus venimeuses que les épines dorsales.

Les vives n'attaquent jamais, sauf pour se défendre, lorsqu'elles sont surprises. Dans ce cas, un individu redresse la première nageoire dorsale, ce qui indique qu'il est prêt à réagir et à piquer. Via un mouvement vif de la tête, le poisson est capable de frapper une cible avec précision et assez de puissance pour percer des bottes en cuir par exemple.

La toxicité du venin varie en fonction des espèces, mais il semble être toujours potentiellement dangereux. Le venin  provoque un gonflement rapide de la peau ainsi qu'une anémie locale. Un œdème s'étend sur toute l'extrémité piquée et disparaît après plusieurs jours.

La piqûre est caractérisée par une douleur intense qui peut durer de quelques heures à plusieurs jours. Cette dernière irradie parfois tout le membre, puis se généralise. D'autres symptômes peuvent accompagner la piqûre : perte d'équilibre, étouffement, transpiration, problèmes cardiaques, dyspnée... Le premier risque lors d'une piqûre est la noyade au moment du choc.

Sans traitement rapide, une nécrose peut se développer au niveau de la plaie. Il ne faut ni inciser, ni poser de garrot, ni aspirer la plaie. Le venin a des propriétés hémolytiques et neurotoxiques. Il est thermolabile autour de 50 à 60 °C.

Ces espèces sont parfois confondues avec les poissons de la famille des Uranoscopidae. Cependant, chez ces derniers, la tête est plus massive et aplatie, la bouche est protractile. L'épine venimeuse est en arrière de l'opercule alors elle est directement sur l'opercule chez les Trachinidae.

Les vives ne font généralement pas l'objet de pêche commerciale. Elles font partie des prises accidentelles capturées par les chaluts et divers engins artisanaux. Localement estimées pour leur chair, elles sont visées par des pêcheries artisanales régulières. Il semblerait que les accidents surviennent principalement chez les pêcheurs.

Caractéristiques principales

  • Taille
    entre 25 et 40 cm
  • Forme
    -
  • Motif
    marbrures
  • Mimétisme
    sable

Comment me reconnaître ?

Le corps est fortement allongé, d'une longueur supérieure à 6 fois la hauteur. Il est majoritairement beige, avec des petites taches ou marbrures plus foncées. Des rayures obliques jaunâtre à vert turquoise caractérisent cette espèce.

La tête rappelle celle des crapauds, la bouche est large et aplatie. Deux à trois petites épines sont présentes devant chaque oeil. Comme chez les autres vives, cette espèce possède des épines venimeuses sur la première nageoire dorsale et une épine au niveau de chaque opercule.

Les adultes dépassent rarement les 40 cm mais quelques individus sont recensés avec une taille de plus de 50 cm.

Dimorphisme & Dichromatisme

Peu d'éléments distinguent mâles et femelles.

Mode de vie & Comportement

  • Sociabilité adulte
    solitaire
  • Mode de vie
    Nocturne
  • Territorial
    Oui
  • Type de nage
    plutôt vif

Durant la journée, cette espèce solitaire réside semi-enfouie sur le fond. Seules la tête et l'épine dorsale dépassent du sable. La nuit, la grande vive part en chasse et cesse de se camoufler.

Elle se nourrit de petits invertébrés et de poissons.

Poisson potentiellement dangereux

Cette espèce est très venimeuse et peut causer de graves accidents au toucher.

Que faire en cas de piqûre de grande vive ?

En cas de piqûre, il convient de respecter les règles suivantes, dans cet ordre :
- Isoler la victime du danger et la sortir rapidement de l'eau
- Prévenir les secours
- Allonger le sujet en position demi-assise et lui éviter tout effort
- Immobiliser le membre touché
- Nettoyer la plaie
- Le venin de cette espèce étant thermolabile, il peut être neutralisé s’il est soumis à une température d’environ 45°C. Il est donc possible de chauffer la plaie. Cette technique populaire est à pratiquer avec beaucoup de précautions pour ne pas aggraver la plaie en la brûlant. Il est conseillé de plonger le membre touché dans de l'eau chaude.
- Si la piqûre est trop profonde, chauffer la plaie sera moins efficace.

Parfois la piqûre peut provoquer un malaise voire une perte de connaissance chez la victime. Les piqûres sont généralement très douloureuses.

Mode de reproduction

La grande vive est un poisson ovipare qui pond en eau libre. Dans plusieurs régions de Méditerranée, la reproduction a lieu entre juin et août. Les oeufs mesurent 1 mm et sont pélagiques. La maturité sexuelle est atteinte après un an, à une taille comprise entre 12 et 16 cm selon les études. Les publications sont encore peu nombreuses pour valider ces dernières informations.

Les vives migrent en zones peu profondes pour se reproduire. C'est durant cette période que les risques de piqûres sont les plus nombreux.

 

D'où vient-il?

Statut de conservation IUCN

En Savoir Plus

Dans cette catégorie sont incluses les espèces largement répandues et abondantes. L'Humain fait partie de cette catégorie.

Quel est son écosystème?

Caractéristiques du milieu

  • Pronfondeur
    1 - 30 m
  • KH
    7 - 12
  • Courant
    Faible - Moyen

Présentation du biotope

On retrouve le plus souvent la grande vive à une profondeur inférieure à 30 m. Il n’est cependant pas impossible de voir ce poisson à d’autres profondeurs.

Elle affectionne les sols constitués de sable et de vase, et est rare dans les zones rocheuses et les herbiers.

Littérature associée à l'espèce

Pour aller plus loin

En apprendre plus sur la toile

Réalisation

Participation & Validation

L'équipe de Fishipédia et les contributeurs spécialistes s'engagent à apporter un contenu de haute qualité. Cependant, bien que l'information soit issue de sources scientifiques ou de témoignages d'expériences de spécialistes, les fiches peuvent contenir des imprécisions.

Benoit Chartrer

Julie Magnus

Références bibliographiques

Age and growth of the greater weever, Trachinus draco (Linnaeus, 1758) inhabiting Iskenderun Bay, North-eastern Mediterranean Sea - Kagan BUZ - Nuri BAŞUSTA - Cah. Biol. Mar. - 2015.

Growth and reproduction of the greater weever (Trachinus draco L., 1758) along the eastern coast of the Black Sea - Orhan Ak - Yasar Genç - J. Black Sea/Mediterranean Environment - 2013.

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