Aquarium d’eau douce : Mode d’emploi

Un aquarium, c’est un véritable petit écosystème aquatique à la maison. On répond à toutes vos questions pour vous accompagner dans vos expériences aquariophiles.

À quoi sert un aquarium ?

De tout temps, les humains ont voué une grande curiosité pour les animaux et les plantes exotiques. Les premières domestications furent le fruit de ces interactions. Les spécialistes estiment que les premiers parcs zoologiques ont commencé 3 000 ans avant J-C. Jusqu’au XVIIe siècle, ces « collections » étaient avant tout d’usage privé et les animaux étaient élevés sans prise en compte des caractéristiques de leur habitat naturel. Avec l’essor de la classification animale, les premiers zoos et aquariums voient le jour, initialement pour présenter au public des animaux qu’ils n’ont pas la possibilité de découvrir autrement. Les aquariums sont d’autant plus intéressants car il est difficile d’observer sur de longues périodes des animaux aquatiques dans la nature.

Après la seconde guerre mondiale, l’industrialisation rend peu à peu accessible au particulier la mise en place d’un aquarium à la maison. L’aquarium peut être conceptualisé comme une simulation d’écosystème aquatique miniature. C’est un jardin aquatique dans lequel peuvent vivre des animaux de petite taille. Outre l’aspect décoratif et relaxant, l’expérience aquariophile permet d’apprendre sur le vivant, que ce soit sur la biologie des espèces maintenues ou sur les équilibres nécessaires à la vie. Aujourd’hui, être aquariophile, c’est aussi endosser une responsabilité vis-à-vis de l’animal. Avant tout achat, il est important de connaître la provenance des animaux ainsi que les conditions nécessaires à une vie saine pour les futurs occupants.

Comment fonctionne un aquarium ?

L’aquarium reproduit un écosystème aquatique miniature à la maison. C’est un équilibre fragile qui dépend du « cycle de l’azote », de l’oxygénation par brassage et de la photosynthèse.

Pour vivre, les poissons et autres organismes aquatiques ont besoin d’oxygène. Ces molécules sont apportées par l’échange gazeux ayant lieu à la surface de l’aquarium, via un courant ou une pompe extérieure. Ce processus est parfois complété par la présence d’une pompe à air.

Lorsque l’aquarium est éclairé, les plantes absorbent du gaz carbonique qu’elle transforme en oxygène, en proportion moindre. Cette production s’équilibre cependant avec le phénomène inverse durant les périodes sans lumière.

Tout au long de leur cycle biologique, les poissons rejettent des déchets organiques qui doivent être recyclés pour éviter la pollution de l’eau. Ces déchets, mais également la nourriture non consommée ou les feuilles mortes, sont assimilés par des bactéries naturellement présentes dans le bac et dans le système de filtration.

Quels animaux peuvent vivre en aquarium ?

Tout dépend la taille de l’aquarium disponible. Globalement, la plupart des poissons nains et des petits poissons territoriaux peuvent vivre dans de bonnes conditions dans un aquarium. C’est également le cas pour les petits crustacés et mollusques. Dans un aqua-terrarium ou un paludarium, il devient possible de maintenir des crabes semi-aquatiques, des petites tortues ou des amphibiens.

Attention, tous les animaux ne sont pas compatibles entre eux. Certains animaux prédateurs doivent vivre en aquarium spécifique. Si on envisage la reproduction, il est également conseillé de bien réfléchir à la constitution de la population pour permettre aux futures générations de se développer sans encombre.

Corydoras – Poisson d’eau douce © E. Ritcher
Crevette Amano © C. Lukhaup
Crabe nain © C. Lukhaup
Escargots © C. Lukhaup

D’où proviennent les poissons d’aquarium ?

Aujourd’hui, 90 à 96% des poissons d’eau douce commercialisés sont originaires de pisciculture. On compte autour de 2 000 espèces disponibles. Les principaux pays exportateurs sont situés en Asie du Sud-Est et en Europe de l’Est.

Les organismes marins, et en particulier les poissons, sont encore principalement capturés dans la nature. Les zones de provenance sont majoritairement la Thaïlande et l’Indonésie. Une quarantaine d’espèces, dont le poissons clown et les Pseudochromis, sont à présent issus de l’élevage. En eau douce, des espèces sont parfois prélevées au Brésil, en Colombie et dans les grands lacs africains.

Quel matériel pour réaliser un aquarium ?

L’éclairage

Le système d’éclairage est le premier élément nécessaire. La lumière naturelle du soleil n’est pas suffisante pour permettre la croissance des plantes. Avec un éclairage adapté à la taille de l’aquarium, il est recommandé d’éclairer l’aquarium une dizaine d’heures par jour.

Pour mettre en place un système low-tech, peu gourmand en énergie, vous pouvez vous orienter vers des lampes fluorescentes ou des écrans LED.

La filtration

La filtration est généralement recommandée. On peut s’en passer dans des aquariums de petites tailles, très plantés et comprenant une population très limitée de poissons. À condition de procéder à des changements d’eau réguliers et rigoureux.

Dans des aquariums de plus grandes tailles, la filtration est nécessaire pour apporter un brassage des déchets organiques et favoriser l’oxygénation de l’eau. En fonction de la population, comptez un débit compris entre 3 et 5 fois le volume de l’aquarium par heure. Si vous maintenez des espèces dîtes « rhéophiles », c’est-à-dire vivant naturellement dans des courants forts, vous pouvez monter à 7 à 10 fois le volume de l’aquarium par heure.

Gourami clair de lune – Courant lent © RON AQUARIUM
Scalaire – Courant lent à moyen © J. HUGUES
 kuhlii – Courant lent à moyen © F. WANG
Botia striata – courant fort – © JORGEN RAVN

Outre ses fonctions de nettoyage de l’eau, la filtration est donc un élément majeur pour simuler un environnement.

Il existe trois types principaux de filtration : la filtration mécanique réalisée par exemple avec des mousses, la filtration biologique basée sur les bactéries et la filtration chimique qui utilise principalement du charbon actif.

Le chauffage (résistance)

La résistance est nécessaire pour la plupart des espèces de poissons d’aquarium. Ces dernières vivent généralement dans des températures d’eau comprises entre 24 et 28° C.

Cependant, le chauffage n’est pas toujours nécessaire. Cet ajout dépend de la température de la pièce dans laquelle sera installée l’aquarium. Quelques espèces disponibles dans le commerce vivent une partie de l’année dans des eaux plus fraîches et peuvent donc être maintenues sans apport de chaleur artificielle.

Chauffage non nécessaire – Tanichthys © P. MAGUIRE
Chauffage non nécessaire – Danio rerio © J.PICARD
Chauffage nécessaire – Discus © ROBERT ALLGAYER
Chauffage nécessaire – Ramirezi © CLAIRE MOREIRA

La pompe à air

La pompe à air permet un brassage artificiel de l’eau en cas de manque ou d’absence de plantes. C’est un élément indispensable pour apporter une oxygénation de l’eau dans ces conditions. Cependant, il est préférable de mettre en place un aquarium bien planté et éclairé pour garantir cette oxygénation de manière naturelle.

Quels sont les paramètres d’eau importants pour un aquarium ?

Température

La température de l’eau est un élément capital pour s’assurer de la bonne santé des poissons d’aquarium. Si l’eau est trop froide, les animaux peuvent entrer en léthargie et attraper des maladies. A contrario, les eaux excessivement chaudes abaisse le niveau d’oxygène et favorisent la prolifération de bactéries. Elles condamnent également rapidement la plupart des plantes.

Pour ces raisons, il est nécessaire d’assurer un contrôle régulier de la température de l’eau. Cette dernière est à adapter en fonction des espèces maintenues. La plupart des poissons tropicaux trouvés dans le commerce s’acclimatent à des températures comprises entre 24 et 28 °C. Cependant, il est toujours intéressant d’approcher les températures naturelles de vie et de concevoir une population vivant dans des eaux à température proche.

Dans la nature, la température de l’eau oscille au cours de l’année, en fonction des périodes de pluies, de sécheresses… Les animaux aquatiques sont donc normalement résilients à des variations de quelques degrés. Si vous souhaitez reproduire des poissons, les changements d’eau et de température sont souvent des éléments déclencheurs.

Ce phénomène agit comme un déclic dans certaines régions où la reproduction est conditionnée à un changement de saison. L’arrivée des pluies marquent le début de la reproduction chez de nombreux poissons d’eau douce.

Acidité (pH)

L’acidité de l’eau, ou pH est une mesure de l’activité chimique des ions hydrogènes. Naturellement, le PH oscille entre 3 et 8. Lorsque le pH est inférieur à 7, une eau est dite « acide », au-dessus de 7, elle est dite « basique ». Un pH à 7 correspond à une eau « neutre ».

De nombreuses espèces originaires des régions tropicales vivent naturellement dans des eaux acides. Cette acidification résulte de la forte concentration de végétaux en décomposition (feuilles, racines…). Dans ces zones, l’eau devient parfois plus foncée et est appelée « eau noire ».

A contrario, les eaux douces de certains grands lacs africains ou fleuves d’Amérique centrale sont connues pour être basiques. Ce phénomène résulte entre autres des caractéristiques des minéraux présents et de la topologie.

La plupart des poissons disponibles dans le commerce sont acclimatés dans une eau neutre. Ils sont capables de vivre dans des conditions analogues. Cependant, si vous envisagez une reproduction ou une maintenance plus en phase avec leurs besoins naturels, il est recommandé de retourner à un pH proche du milieu d’origine.

Poisson crayon – pH acide © C. Lukhaup
Biotope Poisson crayon – pH acide
A. compressiceps – Tanganyika – pH basique © B. Jonas
Lac Tanganyika – pH basique © B. Jonas

Dureté totale (GH)

La dureté de l’eau correspond est un indicateur de la minéralisation de l’eau, c’est-à-dire la quantité de minéraux dissous dans l’eau. Elle est exprimée sous l’indication GH qui correspond à la quantité d’ions Calcium et Magnésium dans l’eau.

Dureté carbonatée (KH)

La dureté carbonatée correspond à la dureté totale de l’eau avec une prise en considération des composés Sodium et Potassium. Appelée également alcalinité, cette valeur a une influence essentielle sur la stabilité du pH.

Le KH a un pouvoir tampon sur l’eau. Lorsqu’il est élevé, il est difficile de modifier le pH. En d’autre terme, il correspond à la capacité de l’eau à neutraliser les acides.

Azote (nitrite & nitrate)

Dans l’aquarium, l’azote provient des matières organiques en décomposition. En l’absence de bactéries adaptées, il se transforme en ammoniaque, très toxique pour les organismes vivants. Une première série de bactéries permettent de convertir l’ammoniaque en nitrite, qui reste encore dangereux à faible dose pour la faune. Dans un aquarium sain, en présence d’oxygène, ces nitrites sont à nouveau transformés par des bactéries pour devenir des nitrates. Les nitrates sont à leur tour recyclés par les plantes.

Lors du démarrage d’un nouvel aquarium, il est recommandé d’attendre trois à quatre semaines avant d’insérer le vivant pour que l’ensemble des bactéries nécessaires au recyclage de l’azote soient présentes.

Où installer son aquarium ?

L’aquarium doit être positionné sur une surface plane et solide. Il est conseillé de le mettre sur un meuble prévu à cet effet. De solides commodes en bois massif peuvent également supporter ce poids. Les nano-aquariums sont plus légers car, comme le nom l’indique, leur volume est plus faible.

Outre les vitres et l’eau, le sol utilisé rajoute un poids considérable. Par exemple, pour un aquarium de 200 litres, il faut compter entre 30 et 40 kg de sable. Complet, un aquarium de 200 litres pèse plus de 250 kg. Il convient d’être prudent si vous souhaitez installer un gros aquarium à un étage, surtout si le plancher est ancien et en bois.

Outre le poids, si vous installez un système de filtration, le bruit du filtre peut devenir gênant la nuit. Il est donc conseillé de l’éloigner du lit où vous dormez. La plupart du temps, l’aquarium est installé dans un salon ou une pièce de vie. Privilégiez toutefois une zone calme, avec peu de passage. Les incessants va-et-viens peuvent facilement stresser la faune aquatique. Veillez également à avoir un accès facile à des prises électriques.

Contrairement à certaines idées reçues, l’aquarium pourrait être positionné à proximité d’une fenêtre et profiter de la lumière du soleil. Cependant, attention aux montées de température en été et à la prolifération d’éventuelles algues si l’équilibre flore / faune / bactéries n’est pas bon. Pour une première expérience, nous recommandons donc de l’installer à l’écart de la lumière du jour.

A propos de l'auteur

Benoit Chartrer fait partie des membres du projet Fishipédia. Sorti d'une formation d'ingénieur en physique, il a progressivement changé de spécialisation en se tournant vers les technologies Web. Passionné de voyage et de biologie, il tient également un compte Instagram dédié à la photographie animalière.

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