La petite rascasse rouge

Fiche poisson, dernière mise à jour : 28/07/2020

Introduction

La petite rascasse rouge est répertoriée des îles Canaries jusqu'à la mer Noire. Elle est présente à Madères, dans les Açores et jusqu'aux côtes sénégalaises. En mer noire, on rencontre une sous-espèce endémique : Scorpaena notata afimbria.

Comme sa grande cousine la rascasse rouge, ce petit prédateur utilise son camouflage pour surprendre ses proies. Discrète, cette espèce réside immobile dans les fonds rocheux et les herbiers. Elle fréquente aussi les zones boueuses et sablonneuses plus profondes (jusqu'à 700 mètres).

Bien que moins soumise à la pression de la pêche, les populations de cette espèce sont en diminution, en particulier à cause de sa capture comme prise accessoire par les chalutiers. Localement, elle est soumise à de fortes pressions, en particulier sur les côtes françaises où elle est recherchée pour les recettes de bouillabaisse.

La petite rascasse rouge est venimeuse et peut causer des accidents. Hors allergie, ces piqûres sont toutefois rarement graves.

La croissance de cette espèce est lente et les populations peuvent avoir des difficultés à se reconstituer.

Qui est-il?

Informations scientifiques

Famille Scorpaenidae
Genre Scorpaena
Descripteur (Rafinesque)
Année de description 1810

Spécificités des espèces du genre

Les poissons du genre Scorpaena sont communément appelés « rascasse », parfois « rascasse rouge ». Ils appartiennent à la famille de Scorpaenidae qui regroupe plus de 200 espèces. Les limites entre les différentes espèces ne sont pas toujours bien établies, en particulier pour les plus petites espèces.

En 2020 on compte plus de 60 espèces décrites, rien que dans le genre Scorpaena, dont 6 vivent en Méditerranée. Toutes sont expertes en camouflage et ont des couleurs adaptées en fonction de l'environnement. Scorpaena vient du grec "Scorpio" qui signifie « scorpion », probablement une référence aux piqûres venimeuses, parfois dangereuses, de la plupart des espèces.

Le genre regroupe des poissons nains, comme S. annobonae qui mesure à peine 4 cm à l'âge adulte, et des poissons de taille moyenne (jusqu'à 50 cm). Des espèces sont rencontrées dans tous les océans de la planète, dans les zones de rochers, de gravats ou de récifs. La plupart sont fréquentes dans les eaux peu profondes mais certaines sont seulement rencontrées à des profondeurs plus conséquentes (jusqu'à 1 000 mètres).

Ces poissons ont un mode de vie solitaire et passent leurs journées immobiles, en embuscade, dans l'attente d'une proie. Ces prédateurs benthiques sont plus actifs une fois la nuit tombée. Ils jouent de leur forme et couleurs pour se fondre avec le décor, en particulier les pierres et algues environnantes. Leur bouche proactile permet la capture quasi instantanée des petits poissons et organismes marins passant à proximité.

Comme toutes les espèces de leur famille, ces poissons possèdent une grosse tête avec une large bouche munie de nombreuses petites dents coniques. Ils sont caractérisés par de nombreuses épines au niveau de la tête et une nageoire dorsale munie de quelques épines venimeuses. La nageoire anale possède également des épines pointues. Comme chez leurs proches cousines les Scorpaenopsis, les Scorpaena sont généralement de couleur rougeâtre ou brune, avec des motifs de couleur marbré.

Certaines grandes espèces comme le chapon (S. scofra) sont recherchées par les pêcheurs pour la qualité de leur chair. Encadrées par une pêche peu restrictive (taille minimum légale insuffisante...), ces rascasses ont vu leur population s'amenuiser tout au long des dernières décennies.

Caractéristiques principales

  • Taille
    entre 12 et 23 cm
  • Forme
    ovoidale
  • Motif
    marbrures
  • Mimétisme
    pierre

Comment me reconnaître ?

Le corps et les nageoires ressemblent beaucoup à la rascasse rouge (S. scrofa), les juvéniles sont très difficiles à discerner. Cependant, contrairement à cette dernière, la petite rascasse rouge ne possède pas de lambeaux cutanés sous la mâchoire. Elle diffère également de S. maderensis par l'absence de bande noire sur la nageoire caudale. Enfin S. porcus possède de grands lambeaux au-dessus des yeux et est généralement plus foncée.

Comme son nom l'indique, cette espèce est rouge à rougeâtre. Elle possède des marbrures et taches foncées sur l'ensemble du corps. Ces dernières sont différentes en fonction de la zone de vie.

Comme chez ses cousines, la tête est large et grande, recouverte de petites épines, et sa bouche proactile lui permet d'attraper rapidement ses proies.

Dimorphisme & Dichromatisme

Comme chez d'autres rascasses, les femelles pourraient être de taille supérieure.

Mode de vie & Comportement

  • Sociabilité adulte
    solitaire
  • Mode de vie
    Diurne
  • Territorial
    Oui
  • Type de nage
    calme

La petite rascasse rouge est un poisson solitaire qui passe ses journées positionnée en embuscade sur le fond. Elle se nourrit principalement de crustacés et de petits poissons. Elle est sédentaire et peu farouche.

Sa croissance est lente et sa longévité importante. Une étude menée en mer Adriatique a montré que cette rascasse d'à peine 20 cm atteint plus de 16 ans.

C'est une espèce particulièrement importante dans l'équilibre des écosystèmes méditerranéens. Elle fait partie des premiers colonisateurs des récifs artificiels et se rencontre sous les plates-formes gazières en haute mer.

Poisson potentiellement dangereux

Comme chez la rascasse rouge, cette espèce venimeuse peut causer des accidents au toucher. Le risque reste limité chez les plongeurs mais il est possible de tomber sur une petite rascasse dans des zones peu profondes, principalement dans zones rocheuses et les herbiers.

Il convient cependant d'être prudent en cas d'exploration en snorkeling ou en plongée, et de rester attentif lors d'observation de rascasses, quelque soit l'espèce. La plupart des accidents surviennent auprès des pêcheurs qui en manipulant l'espèce peuvent exercer une pression sur les épines et donc être piqués par le venin. Pour éviter de désagrément, il convient de ne pas se saisir de cette espèce sans protection.

La piqûre est normalement sans gravité mais elle peut être dangereuse pour des personnes allergiques ou cardiaques.

Que faire en cas de piqûre de petite rascasse rouge ?

En cas de piqûre, il convient de respecter les règles suivantes, dans cet ordre :
- Isoler la victime du danger et la sortir rapidement de l'eau
- Prévenir les secours
- Allonger le sujet en position demi-assise et lui éviter tout effort
- Immobiliser le membre touché
- Nettoyer la plaie
- Le venin de cette espèce étant thermolabile, il peut être neutralisé s’il est soumis à une température d’environ 45°C. Il est donc possible de chauffer la plaie. Cette technique populaire est à pratiquer avec beaucoup de précautions pour ne pas aggraver la plaie en la brûlant. Il est conseillé de plonger le membre touché dans de l'eau chaude.
- Si la piqûre est trop profonde, chauffer la plaie sera moins efficace.

Parfois la piqûre peut provoquer un malaise voire une perte de connaissance chez la victime. Les piqûres sont généralement très douloureuses.

Mode de reproduction

En fonction des études et des régions de Méditerranée, cette espèce se reproduit soit de mai à août, soit de juillet à octobre. Plusieurs pontes peuvent avoir lieu, chacune contient entre 6.000 et 33.000 œufs d'un diamètre de 500 µm.

Peu d'études ont été publiées sur l'âge et la taille de première maturité sexuelle. Il semblerait que cette dernière soit atteinte autour de 14 cm.

D'où vient-il?

Statut de conservation IUCN

En Savoir Plus

Dans cette catégorie sont incluses les espèces largement répandues et abondantes. L'Humain fait partie de cette catégorie.

Présence géographique & Etat des populations

Selon plusieurs études, cette rascasse est la plus commune de Méditerranée.

Quel est son écosystème?

Caractéristiques du milieu

  • Pronfondeur
    10 - 700 m
  • KH
    7 - 12
  • Courant
    Faible - Moyen

Présentation du biotope

Cette rascasse fréquente de nombreux biotopes. Elle est présente dans les zones rocheuses, mixtes, boueuses et dans les fonds accidentés (débris, gravat...).

Littérature associée à l'espèce

Pour aller plus loin

En apprendre plus sur la toile

Réalisation

Participation & Validation

L'équipe de Fishipédia et les contributeurs spécialistes s'engagent à apporter un contenu de haute qualité. Cependant, bien que l'information soit issue de sources scientifiques ou de témoignages d'expériences de spécialistes, les fiches peuvent contenir des imprécisions.

Benoit Chartrer

Julie Magnus

Références bibliographiques

age and growth of small red scorpionfish, scorpaena notata(actinopterygii: scorpaeniformes: scorpaenidae), a common discardspecies from the portuguese fishery - Ana NEVES - Vera SEQUEIRA - Ana R. VIEIRA - Rafaela B. PAIVA - Leonel S. GORDO - Acta Ichthyologica Et Piscatoria - 2015.

Annual reproductive cycle and fecundity of Scorpaena notata - Marta Munos - Maria Sabat - Silvia Vila - Margarida Casadevall - Scientia Marina - 2005.

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