Etoile de mer, un animal insolite

Dans les dessins animés ou l’imaginaire collectif, l’étoile de mer est communément représentée rouge avec 5 bras. Pourtant avec près de 1900 espèces, les étoiles peuvent avoir des couleurs et des formes très différentes. 

Animal aux caractéristiques insolites, les étoiles peuvent notamment régénérer un bras perdu.

Qui sont donc les étoiles de mer ? Quelles sont leurs particularités ? Quelles relations entretiennent-elles avec l’homme ?

Qui sont les étoiles de mer ?

Échinodermes, ces animaux à « peau épineuse »

Considérées dans l’Antiquité comme des coquillages, le siècle des Lumières a ensuite apparenté les étoiles de mer à des insectes ou des mollusques. Ce n’est qu’au XIXᵉ siècle qu’elles sont classées parmi les échinodermes.

Ceux-ci se divisent en 5 classes d’animaux : les étoiles de mer (nommées aussi astéries), les oursins, les concombres de mer, les Crinoïdes et les Ophiures, de proches cousines des étoiles.

Étoile de mer © B. Cole
Crinoïde © F. Libert
Ophiure © R. Zerpe

Les Échinodermes, étymologiquement les animaux à “peau épineuse”, tiennent ce nom de leur squelette interne formé de cristaux de calcite (calcaire).

Autres points communs, une symétrie d’ordre 5 (dite pentaradiale) du corps et un système aquifère unique. Ce système hydraulique, appelé aussi système ambulacraire, parcourt leur organisme, échange avec l’eau de mer et leur permet de se nourrir, de se déplacer. 

Ces animaux vivent exclusivement en milieu marin.

Morphologie diversifiée

Le corps des étoiles de mer s’organise autour d’un disque central qui contient leurs organes, et duquel partent les bras.

Malgré leur nom, toutes les étoiles de mer n’ont pas cette forme. Certaines prennent plutôt l’apparence d’un pentagone (genre Sphaeriodiscus) ou d’une sphère (genre Podosphaeraster), quand d’autres ont un disque central quasi inexistant (genre Linckia).

L’épaisseur de leur corps va aussi d’un extrême à l’autre, avec des étoiles très plates (genre Anseropoda) ou d’autres rebondies tel un coussin (genre Culcita).

Étoile-coussin – Culcita novaeguineae © Brian Cole
Étoile de mer fragile – Linckia columbiae © Brian Cole

Autour de leur disque partent les bras, au nombre de 5 à 50 selon les espèces. Leur longueur varie : la taille des étoiles peut aller de quelques millimètres (Allostichaster palmula) à plus d’un mètre pour le soleil de mer (Pycnopodia helianthoides). 

Les bras sont parcourus d’un sillon ambulacraire (système aquifère), duquel émerge de petites excroissances, les podias, qui permettent aux étoiles de se déplacer ou de s’accrocher grâce de petites ventouses.

Marche de l’étoile – Asterodiscides truncatus © John Turnbull
Face cachée de l’étoile de mer – Pentagonaster dubeni © John Turnbull

À l’extrémité des bras se trouvent des ocelles, organes de la vue des étoiles.

Leur bouche est située au centre du disque, sur la face tournée vers le fond.

Présence dans tous les milieux marins

On retrouve les étoiles de mer des eaux glaciales de l’Antarctique (Labidiaster annulatus), aux eaux tropicales de la Grande Barrière de Corail (étoile bleue Linckia laevigata), en passant par les eaux tempérées des côtes françaises (l’étoile commune Asterias rubens ou l’étoile rouge Echinaster sepositus)

Étoile de mer commune – Asterias rubens © Arne Kuilman
Étoile de mer rouge – Echinaster sepositus © Brian Cole

Là où certaines espèces s’observent au masque et au tuba, d’autres étoiles de mer vivent dans les profondeurs abyssales, à plus de 6000 mètres (ordre des Brisingida).

Toutes les étoiles de mer sont benthiques. Ne sachant pas nager, elles utilisent leurs podias pour se déplacer et / ou s’enfouir sur le fond des océans.

Une façon de s’alimenter les tripes à l’air

Les étoiles de mer sont généralement détritivores ou carnivores. Certaines se nourrissent également de coraux, voire de congénères d’une autre espèce. 

Quelques-unes ont la drôle de capacité à dévaginer leur estomac. Ainsi elles sortent leur estomac par la bouche, face interne à l’extérieur, afin de procéder à une digestion externe des proies. L’étoile de mer commune (Asterias rubens) procède ainsi pour manger les moules dont elle aura auparavant forcé l’ouverture de la coquille.

D’autres espèces chasseuses ont développé une technique pour piéger leurs proies. Ainsi l’étoile Stegnaster inflatus se met sur la pointe des bras pour imiter une caverne où viennent s’aventurer ses futures victimes.

La mutilation contre les prédateurs

Les principaux prédateurs des étoiles de mer sont quelques gros poissons en mesure de briser leur squelette, des crustacés, des mollusques carnivores ou d’autres espèces d’étoiles.

Pour se défendre, certaines espèces ont des épines parfois venimeuses (Acanthaster planci). 

Acanthaster pourpre – Acanthaster planci © Brian Cole
Épines de l’acanthaster pourpre – Acanthaster planci © Brian Cole

D’autres préféreront abandonner un bras à leur adversaire car elles ont la capacité de le régénérer.

Pour les étoiles du genre Linckia cette technique est si performante qu’elles sont capables de se reconstituer sur la base d’un seul bras restant. L’étoile prend alors la forme d’une comète. Ceci est possible dans la mesure où les organes vitaux ont été préservés.

Ces techniques de défenses particulièrement efficaces ainsi que l’absence de prédateur majeur font de certaines étoiles des espèces invasives. C’est le cas notamment de l’étoile pourpre Acanthaster planci qui se nourrit des coraux de la Grande Barrière de Corail.

Reproduction sexuée ou asexuée

Les étoiles de mer sont de sexe distinct. Lors de la période de reproduction, mâles et femelles vont libérer dans l’eau le sperme et les œufs. Une fois la fécondation réalisée, les œufs vont dériver pendant quelques semaines ou mois. Après plusieurs stades de développement larvaire, les juvéniles se dirigent vers le fond, où ils vivront leur vie d’étoile benthique.

Plus particulier, certaines espèces asexuées tirent profit de leur capacité à s’auto-régénérer pour se reproduire. C’est le cas des étoiles du genre Coscinasterias qui se divisent en deux, puis reconstituent une étoile complète.

Les étoiles de mer et l’homme

Pas un danger pour l’homme

Les étoiles ne sont pas dangereuses pour l’homme, hormis l’Acanthaster pourpre (A. planci) dont les épines sont venimeuses.

Il n’est pas recommandé non plus de consommer les étoiles de mer car leur chair peut contenir des toxines.

Espèces menacées par l’homme ?

Si aucune espèce n’a été recensée par l’IUCN comme étant en danger, des scientifiques sont cependant amenés à noter la disparition d’espèces.

Ainsi, en Tasmanie, une étoile endémique (Patiriella littoralis) a été déclarée éteinte en 2018. Son habitat a été endommagé par l’urbanisation, une dégradation de la qualité de l’eau et l’arrivée d’espèces invasives.

Cousine proche de l’espèce d’étoile de mer étéinte – Patiriella regularis © John Turnbull

D’autre part, certaines étoiles de mers souffrent d’être collectées pour être vendues aux touristes comme objet de décoration en Asie.

Pour autant cet été en Méditerranée, il sera toujours possible d’observer les étoiles de mer rouge au masque et au tuba, entre autres espèces, avant de retourner sur la plage se prélasser au soleil en faisant l’étoile de mer….

Références bibliographiques

Pawson, D. L. (2007). Phylum echinodermata. Zootaxa, 1668(1), 749-764.

Mah CL, Blake DB (2012) Global Diversity and Phylogeny of the Asteroidea (Echinodermata). PLoS ONE 7(4): e35644. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0035644

Grace, R. V. (1974). Feeding behaviour of Stegnaster inflatus Hutton (Class: Asteroidea, Family: Asterinidae). Tane, 20, 162-165.

Waters, .J., Roy, .M. Global phylogeography of the fissiparous sea-star genus Coscinasterias . Marine Biology 142, 185–191 (2003). https://doi.org/10.1007/s00227-002-0915-5

Timothy D O’hara, Christopher L Mah, Christy A Hipsley, Guadalupe Bribiesca-Contreras, Neville S Barrett, The Derwent River seastar: re-evaluation of a critically endangered marine invertebrate, Zoological Journal of the Linnean Society, Volume 186, Issue 2, June 2019, Pages 483–490, https://doi.org/10.1093/zoolinnean/zly057

A propos de l'auteur

Julie travaille dans le secteur culturel à Paris. Ses autres sujets de prédilection sont l'environnement, l'alimentation et la consommation responsable. Au sein de l'équipe Fishipedia, elle est en charge de la rédaction d'articles.

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