Nudibranches : Partez à la rencontre des limaces des merveilles

On appelle souvent « nudibranches » les limaces de mer que l’on peut rencontrer, dans toutes les mers et océans du monde. La coquille de ces mollusques marins a disparu, contrairement aux branchies qui elles, sont à nues.
En fait, ce sont des limaces sirènes un peu exhibitionnistes !

Attention : toutes les limaces de mer ne sont pas des nudibranches.
D’autres ordres sont aussi appelés limaces de mer : les hétérobranches et les tectibranches, chez qui la coquille est encore présente, mais souvent dissimulée…
Néanmoins, le groupe des nudibranches qui présente la plus grande diversité.

À quoi ressemblent les nudibranches ?

La taille des limaces de mer peut varier de quelques millimètres à plusieurs dizaines de centimètres. On les trouve dans toutes les mers et océans du monde, notamment sur la côte atlantique et en Méditerranée, à des profondeurs pouvant atteindre 700 mètres. La grande majorité restent elle dans les 10 premiers mètres. 
Il existe une très grande diversité de limaces de mer : on estime à 3 000 le nombre d’espèces rien que pour les nudibranches !

Bien qu’elles soient très différentes de leurs homonymes terrestres, elles possèdent des caractéristiques communes à tous les gastéropodes : une radula (sorte de langue râpeuse) pour mâcher, un pied pour se déplacer, des branchies pour respirer et des tentacules près de la bouche pour palper. Dotées d’une vue médiocre, les limaces de mer ont développé un détecteur dernier cri, les rhinophores. Cet organe sensoriel fait office de nez. Il aide à la recherche de nourriture… Et même à trouver un partenaire !

Hervia processionnaire – Cratena peregrina © entitu (Flickr)

Ces animaux énigmatiques affectionnent particulièrement les zones difficiles d’accès : grottes sous-marines, herbiers, algues, sable, coraux des tropiques ou algues coralligènes de méditerranée. Au corps mou et souvent de petite taille, autant se rendre inaccessible et presque invisible.

Et pourtant, elles arborent des couleurs chatoyantes, parfois même flamboyantes !

Certaines semblent être recouvertes de flammes, comme l’hervia, bien connue sur la Côte d’Azur.

D’autres, comme les aplysies velues, semblent munies de cheveux, leur donnant un faux air de « Chewbaca » miniatures.

Bursatella leachii © Bernd Hoppe

Stratèges des mers

On pourrait alors se demander comment survivre en étant aussi petit et coloré ? En réalité, ce sont des as du camouflage, leurs couleurs sont adaptées à leurs milieux de vie !

Certaines espèces assimilent même les pigments des algues qu’elles mangent pour se fondre parfaitement dans le décor.
D’autres font appel au mimétisme, en se faisant passer pour un autre animal.

La plupart sont carnivores et se nourrissent de petits mollusques et de vers ; d’autres semblent moins téméraires et se contentent d’éponges, d’hydraires ou encore d’œufs de poisson. 

Les nudibranches ont des stratégies efficaces pour leur survie : le groupe des aéolides est capable de stocker le venin des proies urticantes qu’il consomme pour s’en servir ensuite contre ses prédateurs.

Quant à la reproduction, les individus sont tous hermaphrodites, la fécondation est interne, puis des centaines d’œufs sont collés en spirale sur un substrat adéquat.

Un trésor en danger ?

Toutes ces stratégies ont un coût : ces jolis mollusques vivent en général moins d’un an. De plus, on dénote une baisse importante de la diversité des gastéropodes opisthobranches depuis les années 60.
Ce sont des organismes sensibles aux pollutions croissantes du littoral et au réchauffement climatique.

Certaines espèces ont déjà commencé à migrer, les autres vont-elles réussir à s’adapter ?

Ces petits êtres qui font le bonheur des plongeurs ont également un rôle écologique très important, ils entretiennent le jardin océanique…

Il est nécessaire de réduire nos impacts sur le milieu marin, pour les préserver.

Aide à l’identification :

Il faut toujours se méfier de la couleur, ce n’est pas déterminant pour l’identification.

Premièrement, distinguer s’il s’agit d’un nudibranche, d’un tectibanche ou d’un hétérobranche.
Ensuite, chez les nudibranches, il existe grosso modo, deux grands morphotypes :

Les « doridiens », chez qui le corps est plutôt lisse et les branchies forment une petite collerette à l’arrière du corps.

Les « éolidiens », dont les branchies sont réparties en « cérates », sortes de pics, sur tout le corps.

Mexichromis mariei – doridien © Rickard Zerpe
Hypselodoris infucata – doridien – Malaisie © Héléna Bouyer
Pteraeolidia semperi – éolidien, Malaisie © Héléna Bouyer
Phyllodesmium longicirrum – éolidien © Rickard Zerpe

Les critères importants pour l’identification, par ordre de priorité : la forme et la localisation des branchies, les rhinophores, la taille, la répartition géographique, les couleurs et le mode de déplacement.

Attention à ne pas confondre avec une planaire (vers plat) !

Planaire, Thysanozoon brocchii © entitu (Flickr)
Planaire, Thysanozoon sp. – Malaisie © Héléna Bouyer

Et maintenant, à vos appareils !

A propos de l'auteur

Héléna Bouyer est médiatrice scientifique en Biologie marine. Fascinée depuis toujours par les adaptations du vivant et amoureuse de l’océan, elle a travaillé comme divemaster en Malaisie, en encadrant des plongées et des ateliers scientifiques pour la conservation marine.