Les 8 éco-gestes pour préserver la nature à la plage et en rivière

En cette période de vacances d’été, nombre d’entre nous ont prévu d’aller se rafraichir dans l’eau. Sous la surface, poissons, étoiles de mer et autres espèces marines, eux n’ont pas pris de congés. Il est donc essentiel de veiller à une bonne cohabitation avec ces animaux. 

À la mer ou le long d’une rivière, voici quelques bons gestes à adopter au moment de se jeter à l’eau.

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Regardez où vous mettez les pieds

Selon l’endroit où vous êtes, plusieurs types d’habitats se rencontrent près de la rive. Des herbiers, des zones rocheuses ou sableuses, voire même des récifs coralliens.

Pour ne pas les endommager au moment de rentrer dans l’eau, mieux vaut passer par les zones sableuses.

En passant par là, nous recommandons également de rester attentif aux éventuelles espèces qui vivent sur le fond.

Ceci est d’autant plus important sur les récifs dans les zones tropicales, où il est possible de marcher par inadvertance sur des espèces dangereuses. Le poisson pierre, par exemple, est un as du camouflage dont les piqûres sont particulièrement douloureuses, voire fatales.

Autre exemple sur les côtes françaises, les rascasses ou les fameux oursins qui vivent dans les zones rocailleuses. En cas d’exploration de rochers, pensez à porter des chaussures adaptées.

Poisson-pierre – Synanceia verrucosa © François Libert
Oursin – Heliocidaris tuberculata © John Turnbull

Regardez où vous jetez l’ancre

Si vous naviguez, avant de vous jeter à l’eau en sautant par-dessus bord, étudiez l’endroit où vous aller jeter votre ancre. 

En Méditerranée, les herbiers sont des hauts lieux de la biodiversité aquatique. A la fois zones de reproduction et de paturage, ils permettent également une régulation des courants marins et donc une protection des côtes contre l’érosion.

Posidonie (Posidonia sp.) © John Turnbull

Parmi ces plantes aquatiques, la posidonie fait partie des espèces protégées en France. Il est strictement interdit de la détruire.

Par conséquent, privilégiez une zone sableuse pour jeter l’ancre. Ainsi, vous protègerez les herbiers ou les récifs coralliens, si c’est dans ce type d’environnement que vous naviguez.

Pour savoir où jeter l’ancre, il existe une application (Donia) qui présente la nature des fonds marins autour de vous.

Ne créez pas de barrages dans les rivières

Les retenues d’eaux artificielles dans les rivières ont plusieurs effets néfastes sur la faune et son habitat.

Ces barrages, même de petite taille, empêchent les poissons de circuler librement dans le cours d’eau. Or ces derniers ont besoin d’évoluer à leur aise pour se nourrir, se reproduire. 

Par ailleurs, déplacer les pierres peut modifier le lit du cours d’eau, détruire des habitats et des zones de reproduction.

Enfin, dans les retenues créées, l’eau se réchauffe, est moins chargée en oxygène et favorise le développement d’algues.

Ainsi, dans les cours d’eau douce, ne créez jamais de barrages.

Optez pour le zéro déchet

Au moment de se baigner dans une eau d’apparence claire, rien de plus désagréable que de constater en s’approchant que des déchets y flottent. Des emballages aux protections hygiéniques et mégots de cigarettes, en passant par des petits morceaux de plastiques colorés, rien de tel pour rapidement faire passer l’envie de piquer une tête.

Au-delà de l’aspect visuel, l’ensemble de ces déchets polluent. Le plastique notamment se décompose en petits morceaux qui sont ingérés par les poissons, puis par les humains qui les consomment. Autre source de pollution, le mégot de cigarette qui pollue 500 litres d’eau à lui tout seul.

Lors de vos sorties sur le littoral ou bords de rivières, l’idéal est donc d’opter pour un mode zéro déchet. Privilégiez les supports réutilisables (sacs, gourdes, boîtes) et le cendrier de poche pour les fumeurs. 

Remportez avec vous vos déchets, et si possible, récupérez les plastiques et autres déchets non renouvelables croisés sur votre chemin.

A noter également, dans les parcs nationaux ou parcs naturels régionaux, il convient également d’emporter avec soi les déchets biodégradables. Afin de ne pas faire peser de risque d’introduction d’une espèce invasive dans un habitat protégé.

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Privilégiez des activités peu bruyantes

L’impact des activités en mer a un impact non négligeable sur l’écosystème marin. Pollution sonore et perturbations visuelles provoquent des réactions chez les animaux : oiseaux, mammifères marins et poissons.

Ces animaux, par crainte, peuvent abandonner leur nid, séparant ainsi les mères et de leurs petits. D’autres animaux seront potentiellement perturbés alors qu’ils s’alimentent, voire se reproduisent. Le mieux est donc de privilégier des activités non motorisées et de rester à distance d’eux en les observant.

En France, les perturbations intentionnelles (poursuites, harcèlement) de certains animaux dans leur milieu naturel sont d’ailleurs interdites (mammifères marins notamment).

En cas de navigation en eau douce, il est également recommandé de réduire son sillage afin de limiter les remous sur les berges. Cela dans le but de préserver les zones de nidification qui s’y trouvent.

Ne donnez pas à manger aux animaux sauvages

Du simple lancer de pain aux oiseaux au « shark-feeding », ces plongées durant lesquelles des requins sont attirés par de la nourriture délibérément distribuée, plusieurs pratiques visant à nourrir les animaux sauvages se côtoient.

Pourtant, chacune d’entre elle est désastreuse pour la faune. 

La nourriture donnée aux animaux n’est pas toujours adaptée à leur régime. Cela peut les affaiblir et mener au développement de maladies.

Ensuite, au lieu de s’alimenter par eux-mêmes, ils développent un comportement passif auprès des humains, en attente de nourriture. A la longue, ils risquent de s’y habituer et deviennent agressifs s’ils ne reçoivent rien.

Préserver la faune sauvage, c’est également préserver la manière de s’alimenter des espèces. En vacances ou au quotidien, au bord de l’eau ou ailleurs, ne donnez jamais à manger aux animaux sauvages.

N’achetez pas d’animaux décoratifs séchés

Il arrive que des magasins vendent des animaux morts comme objet de décoration : coquillages, étoiles de mer, hippocampes séchés. Des coraux, eux aussi des animaux, sont parfois prélevés sur des récifs pour être vendus.

Corail – Carijoa smithi, Autralie © John Turnbull
Hippocampe Hippocampus abdominalis, Thaïlande © John Turnbull

Ce commerce fait des ravages parmi les populations de ces espèces, en particulier dans les zones peu protégées à forte fréquentation touristique. Rapporter de l’étranger des spécimens d’animaux n’est pas sans risque non plus au moment de passer la douane. Le commerce de certaines espèces animales protégées est interdit. Pour d’autres il faut avoir une autorisation, d’autres enfin ne peuvent être importées qu’en quantités limitées.

Par ailleurs, au sein des zones protégées en France et à l’étranger, les prélèvements d’animaux – vivants ou morts, sont tout bonnement interdits.

Nous recommandons donc de ne pas acheter d’animaux morts, ni de les prélever dans leur milieu naturel, même s’ils sont morts, quelles que soient les espèces. 

Ces animaux sont d’ailleurs bien plus beaux et intéressants à observer dans leur milieu naturel !

Coquillage, Australie © John Turnbull
Étoile de mer – Plectaster decanus, Australie © John Turnbull

Attention au choix de crème solaire

Avec près de 25% de la crème solaire étalée sur le corps qui finit dans les eaux, c’est chaque année entre 10 000 et 25 000 tonnes de produits solaires qui terminent dans les océans, mers et rivères.

Qu’ils s’agissent de filtres UV chimiques ou minéraux, ces derniers ont un impact non négligeable sur la faune et la flore aquatique. En particulier, ils participent au phénomène de blanchissement des coraux et perturbent le métabolisme des poissons. 

Nous recommandons ainsi de se renseigner sur la composition des crèmes, et de privilégier celles avec des composants naturels et sans nanoparticules.

Cette liste de bons gestes n’est pas exhaustive, mais ils participent déjà à la préservation de sites naturels. 

Si vous avez prévu de visiter des parcs nationaux ou des parcs naturels régionaux, des règles complémentaires s’appliquent également. Renseignez-vous, pour passer d’agréables vacances au plus près de la nature, dans le respect de l’environnement !

A propos de l'auteur

Julie Magnus est contrôleuse de gestion, spécialiste de la billetterie de spectacles. Sensibilisée aux problématiques environnementales, elle a rejoint l'équipe éditoriale de Fishipedia pour rédiger et s'occuper de la traduction anglaise du site.

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