La raie manta géante

Fiche poisson, dernière mise à jour : 09/08/2019
  • Mobula birostris - Raie manta géante - Forme classique © Erika Beux
  • Mobula birostris - Raie manta géante - Forme noire © Erika Beux
  • Mobula birostris - Raie manta géante - Forme blanche © Erika Beux

Introduction

 Mobula birostris, est l'un des grands poissons emblématiques des océans. Présente en nombre dans toute la zone tropicale Indo-Pacifique et Atlantique, elle est parfois également observée en zones tempérées, y compris en mer Méditerranée.

Avec ces 7 mètres de diamètre, c'est la plus grande raie au monde. Cette espèce est migratrice et parcourt les océans, parfois en banc de plusieurs centaines d'individus.

Qui est-il?

Informations scientifiques

  • Famille
  • Genre
  • Descripteur
    (Walbaum)
  • Année de description
    1792

Spécificités des espèces du genre Mobula

Le genre Mobula fait partie de la famille des Myliobatidae, qui regroupe la plupart des raies marines. Comme les requins et les chimères, les raies appartiennent à la classe des chondrichthyens qui regroupe les poissons cartilagineux.

Les espèces du genre sont parfois appelées « raie aigle ». Le groupe comprend la plus grande raie du règne animal : Mobula birostris avec ses 7 mètres d'envergureContrairement à la plus part des raies, les Mobula ne se déplacent sur les fonds, ce sont des raies "volantes". Leur larges ailes, profilées pour la nage, leur permettent de se déplacer aisément en pleine eau. La peau est recouverte d'écailles placoïdes, en forme de dents, qui améliore également la pénétration naturelle du poisson dans l'eau.

Les appendices situés autour de la bouche, appelés nageoires céphaliques, sont le fruit d'une évolution des nageoires pectorales. Ils servent à guider l'eau chargée vers la bouche et à optimiser leurs chasses. Elles sont aussi bien utilisées pour filtrer le plancton que pour piéger des petits poissons. Pour gagner en hydrodynamique, ils peuvent également s'enrouler et ainsi opposer une résistance faible à l'eau lors des déplacements. Ces nageoires donnent aux raies l'aspect d'animaux à corne, à l'origine de l'appellation de « diable des mers ».

Appréciées pour la qualité de leur chair et prisée par la médecine traditionnelle asiatique, toutes les espèces du genre Mobula ont vu leurs populations décliner drastiquement tout au long du XXe siècle. Aujourd'hui selon l'IUCN, sur les 11 espèces décrites, 6 sont en danger ou vulnérable, 3 sont quasiment menacées et 2 manquent de données. Les plus grandes espèces sont les plus menacées.

Ces poissons sont épipélagiques, c'est à dire qu'ils passent une partie importante de leur vie non loin de la surface. Ce mode de vie les rend particulièrement vulnérables à l'ingestion de micro-plastiques, aux marées noires et aux perturbations causées par le trafic maritime intense. La capture accidentelle de toutes les espèces est fréquente.

Caractéristiques principales de l'espèce Mobula birostris

  • Taille
    entre 500 et 700 cm
  • Forme
    -
  • Motif
    tâches
  • Mimétisme
    Aucun

Comment me reconnaître ?

Le dos de la manta géante est noirâtre, parfois avec des taches blanches de taille variable au niveau des épaules. Le ventre est blanc, avec une bordure grise sur l'extérieure. Ce poisson au corps plat présente une large tête bordée par deux nageoires céphaliques entourant une grande bouche en position terminale. Cette dernière est munie de petites dents sur la mâchoire inférieure.

La queue est courte en forme de fouet, généralement sans épine caudale. Une petite nageoire dorsale est présente à l'arrière du corps, à la base de cette dernière. Les cinq paires de branchies sont en position ventrale et, contrairement aux autres raies, les yeux et spiracles se trouvent de chaque coté de la tête, en position latérale.

Dimorphisme & Dichromatisme

Comme les requins, les raies mâles possèdent deux ptérygopodes. Ce sont des appendices issus de la modification des nageoires pelviennes qui permettent la transmission du sperme jusqu'au cloaque de la femelle. Les mâles ne peuvent en utiliser qu'un seul à la fois.  

Mode de vie & Comportement

  • Sociabilité adulte
    vivant en petits groupes
  • Mode de vie
    Diurne
  • Territorial
    Non
  • Type de nage
    calme

La manta géante est généralement observé seul ou en petits groupes éparse.

C'est une espèce au tempérament calme qui effectue de grandes migrations océaniques. On la retrouve le plus souvent dans des eaux peu profondes ou proche de la surface à la recherche de plancton.

Elle est facilement observable au niveau des "stations de nettoyages" au dessus desquelles elle nage en stationnaire, attendant d'être déparasité.

Mode de reproduction

La manta géante est un ovovivipare. La maturité sexuelle est atteinte quand l'adulte atteint la taille de 4 mètres (environ 8-10 ans). Les organes reproducteurs mâles, situés à la base de la queue, permettent la fécondation.

L'accouplement est précédé d'une parade nuptiale durant laquelle mâle et femelle effectuent une danse spectaculaire mélant vrille et loopings. L'accouplement s'effectue ventre contre ventre. La femelle donne ensuite naissance, à deux bébés au maximum. Leur taille à la naissance est spectactulaire : environ 1m20.

D'où vient-il?

Carte de répartition

Statut de conservation IUCN

En Savoir Plus

Une espèce est dite Vulnérable lorsque les meilleures données disponibles indiquent qu’elle remplit certains critères (population gravement fragmentée, déclin continu, moins de 10.000 individus matures, zone d'occupation très réduite).

Présence géographique & Etat des populations

Initialement, la raie manta géante est présente dans tous les océans. Elle est rarement observée en méditerranée. La raréfaction des populations a entraîné la mise en place de mesure pour tenter de les protéger.

États-Unis : elles sont protégées autour d'Hawaï depuis 2009. Aucune pêche spécifique était en place initialement dans cette zone mais cette nouvelle loi apporte une garantie supplémentaire pour la conservation de toutes les raies manta.

République des Maldives : Toutes les espèces de raies sont interdites à l'exportation depuis 1995. Depuis 2009, deux aires marines totalement protégées ont été créé dans une zone où les raies manta des récifs sont largement présentes.

Philippines : La pêche de la raie manta fut interdite en 1998 mais les pressions des pêcheurs ont conduit à l'annulation de cette interdiction l'année d'après. A la suite d'une étude réalisée en 2003, l'interdiction a de nouveau été inscrite mais les populations ont déjà subi une grande pression et l'espèce est devenue très rare, en particulier autour de la mer de Bohol.

Mexique : La pêche de la raie manta géante et des autres espèces du genre Mobula est interdite depuis 2007. Malgré la mise en place d'un sanctuaire autour de la biosphère de Revillagigedo, il semblerait que la pêche, illégale mais tacitement tolérée, soit toujours en vigueur à ce jour. Dans la zone protégée de Yum Balam (Isla Holbox), les raies manta sont totalement protégées car elles sont au centre d'activité touristique. La forte activité des bateaux dans cette région a cependant des répercussions sur les populations encore présentes, de nombreux individus observés présentant des blessures causées par les bateaux.

Brésil : Il n'existe, en dehors des réserves, aucune loi protégeant les raies manta. Cependant, une ONG (Instituto Laje Viva) est dédiée à leur protection. Avec l'aide de scientifiques, une base de données a été mise en place pour recenser les raies manta brésiliennes. L'espèce est emblématique de plusieurs spots de plongée et en est même devenue l'une des attractions centrales. Des meilleurs pratiques en matière de tourisme durable et responsable ont été préconisées.

Equateur : la pêche de la raie manta est interdite depuis 2010. Les individus capturés accidentellement doivent être remis à l'eau. Aucune de ces espèces ne peut être maintenue en captivité (vivante ou mort) ni consommée.

Australie et Nouvelle Zélande : les raies manta sont protégées de toute type de pêche.

 

Quel est son écosystème?

Caractéristiques du milieu naturel

  • Pronfondeur
    0 - 120 m
  • KH
    7 - 12
  • Courant
    Faible - Moyen

Présentation du biotope

On retrouve le plus souvent la manta géante à une profondeur inférieure 40 mètres mais il n'est pas rare de la trouver jusqu'à 120 mètres. Le plus souvent, elle nage proche de la surface à la recherche de plancton.

Immersion au cœur du biotope

Littérature associée à l'espèce

Pour aller plus loin

En apprendre plus sur la toile

Réalisation

Participation & Validation

L'équipe de Fishipédia et les contributeurs spécialistes s'engagent à apporter un contenu de haute qualité. Cependant, bien que l'information soit issue de sources scientifiques ou de témoignages d'expériences de spécialistes, les fiches peuvent contenir des imprécisions.

Adrien Falzon

  • Adrien Falzon

    Activité : Responsable de l unité du vivant à la Cité des Sciences et de l’Industrie

    Spécialité : Aquariologiste

Benoit Chartrer

  • Benoit Chartrer

    Activité : Concepteur Fishipedia, développeur Web

    Spécialité : Poissons d'eau douce, Mata Atlantica, photographies en milieu naturel

Fabrice Guérin

  • Fabrice Guérin

    Activité : Photographe environnementaliste

    Spécialité : Grands animaux marins, oiseaux

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  • Erika Beux

    Activité : Photographie subaquatique

    Spécialité : Raies manta, requins

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