couleuvre helvétique

Nom scientifique Natrix helvetica
Descripteur Lacépède
Année description 1789
Statut IUCN NE
Famille Natricidae
Genre Natrix
Natrix helvetica Natrix helvetica

Introduction

Jusqu'en 2017, la couleuvre helvétique était considérée comme une sous-espèce de la couleuvre à collier Natrix natrix. Elle appartenait alors à un large complexe de sous-espèces qui s'étendait sur l'Europe centrale, l'Europe de l'Ouest et le nord de l'Afrique.

Cette nouvelle espèce, au sens scientifique, est répertoriée à l'ouest des Alpes. Elle est présente de l'Angleterre à l'Italie. En 2021, cinq sous-espèces sont reconnues. N. h. helvetica vit en Europe occidental. N. h. corsa et N. h. cetti sont respectivement endémiques à la Corse et la Sardaigne. Enfin, N. h. lanzai et N. h. sicula se partagent le centre et le sud de l'Italie, y compris la Sardaigne.

Comme ses congénères, ce serpent aquatique chasse principalement des amphibiens et hiberne de la fin de l'automne au début du printemps. Comme les autres Natrix, elle est appelée couleuvre à collier car un motif doré rappelant le bijou est présent au niveau de la tête.

Qui est-elle ?

Le genre Natrix

Pendant longtemps, les limites du genre Natrix ont été floues. Tous les serpents d'apparence similaire d'Eurasie et d'Afrique étaient regroupés en son sein. Après une première réorganisation, une partie des espèces asiatiques ont été rangées dans le genre Rhabdophis. Puis finalement, la plupart des espèces asiatiques et africaines ont été classées dans de nouveaux genres (Afronatrix, Sinonatrix...).

Ces réorganisations ont été importantes pour apporter de la cohérence au sein des espèces européennes. À sa suite, seules trois espèces subsistaient : N. natrix, N. maura et N. tessellata. Les deux premières sont exclusivement européennes. La troisième, N. tessellata, est eurasienne. En 1987, une nouvelle espèce, N. megalocephala, a été décrite dans le nord de l'Europe. Cette mise à jour reste sujette à débat.

L'espèce N. natrix est depuis longtemps divisée en un grand nombre de sous-espèces. En 2016, la sous-espèce ibérique N. n. astreptophora a été élevée au rang d'espèce. En 2017, la sous-espèce présente à l'ouest des Alpes, N. n. helvetica, a suivi le même processus. On compte donc cinq espèces décrites en 2021.

Toutes les Natrix sont communément appelées « couleuvre à collier ». Elles n'appartiennent cependant pas à la famille des Colubridae mais aux Natricidae. Ces serpents capables de nager en ondulant le corps sont les serpents les plus à l'aise dans l'eau en Europe. Certains sont spécialistes des apnées, aptitude qu'ils utilisent pour se cacher ou chasser discrètement poissons et amphibiens. En dehors de leurs escapades aquatiques coûteuses en énergie, les couleuvres passent une partie du temps à réguler leur température corporelle au soleil. Ces bains de lumière chauffant favorisent la reproduction et la digestion. Plus les journées sont chaudes et plus l'activité des couleuvres à collier est intense.

Le motif du corps de plusieurs espèces rappellent celui des vipères européennes. Cependant, contrairement à ces dernières, les couleuvres sont parfaitement inoffensives et ne sont pas venimeuses. Les morsures sont très rares, ces espèces préférant prendre la suite que d'affronter leurs potentiels prédateurs. Elles sont différentiables des vipères à leurs yeux avec une pupille bien ronde. La tête est également moins triangulaire.

En plus du motif mimétique avec les vipères, les couleuvres possèdent une panoplie de techniques d'intimidation et de ruses. Certaines espèces imitent les cobras africains ou les vipères quand elles sont menacées. Elles aplatissent leur tête pour mimer celle de leurs lointains cousins. Le mimétisme comportemental avec le cobra semble venir d'un lointain passé durant lequel ces serpents coexistaient en Europe.

Aujourd'hui, la technique permet toujours de tromper certains oiseaux migrateurs venant d'Afrique, méfiants envers les cobras venimeux. Outre cette parade, les couleuvres peuvent se faire passer pour mortes, en faisant couler du sang artificiellement du nez et de la bouche. Elles sécrètent également nombre de liquides odorants et répulsifs.

Chez les Natrix, les femelles sont toujours plus grandes. Lors de la saison du frai, mâles et femelles se regroupent pour copuler. La ponte a lieu dans une zone humide, sous la végétation ou dans un trou. Quand les conditions sont favorables, plusieurs espèces de Natrix peuvent pondre au même endroit. Un fait rarement observé chez d'autres genres de serpent.

Les populations des couleuvres Natrix ont longtemps prospéré avec l'humain. Les techniques d'agriculture ancestrales offraient des conditions favorables (fumier...) à leur hibernation et à la reproduction. Élevés au rang de divinité pendant une grande partie du néolithique, ces serpents ont peu à peu perdu leur aura avec le développement du christianisme. Aujourd'hui, ils ne sont pas menacés à court terme mais la plupart des populations sont en déclin. Les principales menaces sont la pollution agricole, l'assèchement des zones humides et le trafic routier.

Morphologie

  • Taille femelle
    120 - 140 cm
  • Taille mâle
    80 - 90 cm
  • Motif
    tâches
  • Mimétisme
    végétaux
  • Longévité
    25 ans
  • Taille femelle
    120 - 140 cm
  • Taille mâle
    80 - 90 cm
  • Motif
    tâches
  • Mimétisme
    végétaux
  • Longévité
    25 ans

Comment reconnaître la couleuvre helvétique ?

La coloration est variable, ce qui la rend difficilement identifiable des autres Natrix. La partie dorsale est vert-olive, brun ou grise. La plupart du temps, des barres sombres à noires recouvrent les flancs. Certains spécimens présentent des tâches noires supplémentaires.

Comme Natrix natrix, elle possède des tâches blanchâtres à jaunâtres caractéristiques en forme de croissant à l'arrière de la tête. L'intensité de ces dernières est rehaussée par un second croissant de couleur noir. C'est cet ensemble qui donne à cette espèce l'impression de posséder un collier, d'où son nom. Elle se différencie de la couleuvre à collier classique par la présence de barres noires sous les yeux et à l'avant du museau.

Différences entre mâles et femelles

Les femelles sont plus grandes que les mâles. Elles peuvent atteindre 140 centimètres, contre rarement plus d'un mètre chez ces derniers.

La tête des femelles est plus grosse et la queue plus courte.

Mode de vie & Comportement

  • Sociabilité
    solitaire
  • Mode de vie
    Diurne
  • Venimeux
    Non
  • Alimentation
    prédateur

Très bonne nageuse, la couleuvre helvétique passe une bonne partie de son temps à chasser des amphibiens dans les eaux calmes. En dehors de l'eau, elle fréquente les zones limitrophes entre prairies ouvertes et bois, ou entre berge et végétation. Elle profite du soleil pour se réchauffer ou digérer. À la moindre alerte, elle plonge ou cherche un refuge dans les végétaux.

La couleuvre passe la plus grande partie de son temps en solitaire, mais elle n'est pas agressive avec ses congénères. Quand l'habitat est particulièrement propice, des regroupements sont observés. Ce phénomène est fréquent en période de reproduction.

Comme les autres Natrix, cette espèce a développé un grand nombre de stratégies pour tromper ses prédateurs. Elle est capable de se faire passer pour morte ou mimer des serpents venimeux en aplatissant sa tête. Elle peut également souffler intensément ou mordre. Cette dernière défense est plus impressionnante que dangereuse et ne présente pas de danger pour l'homme. En cas de danger extrême, elle se met à régurgiter ou à uriner un liquide fortement odorant.

De fin octobre à début mars, cette couleuvre hiberne. Elle est rencontrée dans un large panel d'abris : trou de rongeur, souche d'arbre, végétation... Elle peut trouver refuge dans des sous-sols, des caves ou même des serres.

Mode de reproduction

  • Espèce migratrice
    Non
  • Polygamie
    Non
  • Taille de la ponte
    10 - 50 œufs

L'accouplement a lieu au milieu du printemps. À cette période, des regroupements ont lieu dans tous les habitats propices. Mâles et femelles se côtoient en groupe. Lors de ces orgies déchaînées, les mâles luttent dans des combats subtils pour occuper les meilleures places auprès des femelles. Généralement seuls les plus gros obtiennent l'accouplement. 

La ponte a lieu dans un coin humide et abrité. Les oeufs doivent rester à une température constante, autour de 25°C, pour parvenir à terme dans les meilleures conditions. À la naissance, les jeunes mesurent une petite vingtaine de centimètres. Ils sont laissés à eux-mêmes et doivent rapidement trouver refuge pour échapper aux nombreux prédateurs.

Espèce inoffensive

La couleuvre helvétique est très craintive. En face d'un humain, elle fuira toujours sans chercher la moindre provocation. Elle pourrait mordre une fois attrapée sans véritablement présenter le moindre danger. Elle n'est pas venimeuse et ne possède pas une mâchoire très puissante. 

D'où vient-elle ?

Présence géographique & État des populations

Cette espèce est rencontrée en Angleterre, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique, en France et en Italie. Des sous-espèces sont présentes en Corse et en Sardaigne.

La couleuvre helvétique a récemment été séparée de la couleuvre à collier Natrix natrix. Comme cette dernière, elle est au moins considérée comme quasiment menacée en France. Dans ce pays, les populations pourraient être encore plus vulnérables qu'énoncé auparavant. Elles souffrent en particulier du trafic routier, de l'assèchement des zones humides et de l'aménagement des berges pour les activités nautiques.

La situation de Natrix natrix est considérée comme non-préoccupante à l'échelle de l'Europe. Aucune étude globale n'a été réalisée sur Natrix helvetica en 2021. 

Quel est son habitat ?

Caractéristiques du milieu naturel

  • Température
    14 - 28 °C
  • Courant
    Modéré, Lent et Stagnant

Présentation du biotope

Cette couleuvre réside à proximité de la plupart des eaux à écoulements lents ou stagnants, à condition que la végétation alentour soit dense et sauvage. Elle fréquente les marais, les cours d'eau moyen et les bords de lacs.

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Sources & Réalisation

Participation & Validation

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Références bibliographiques

Distribution and hybridisation of barred and common grass snakes (Natrix helvetica, N. natrix) in BadenWürttemberg, South-western Germany - Nadine Schultze - Hubert Laufer - Carolin Kindler - Uwe Fritz - Herpetozoa - 2019.

Evolution and phylogeny of the genus Natrix (Serpentes: Colubridae) - D. GUICKING - R. LAWSON - U. JOGER - M. WINK - Biological Journal of the Linnean Society - 2006.

Phylogeography and taxonomy of the barred grass snake (Natrix helvetica), with a discussion of the subspecies category in zoology - Carolin Kindler - Uwe Fritz - Vertebrate Zoology - 2018.

The contact zone of the grass snake (Natrix natrix) in Switzerland - Maxime Chèvre - Université de Neuchâtel - 2015.

The Fifth Labour of Heracles: Cleaning the Linnean stable of names for grass snakes (Natrix astreptophora, N. helvetica, N. natrix sensu stricto) - Uwe Fritz - Josef Friedrich Schmidtler - Vertebrate Zoology - 2020.

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Modèle de fiche et contenu © Fishipedia - Reproduction non autorisée sans demande préalable - ISSN 2270-7247 - Dernière mise à jour le 01/01/1970
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