En 2019, quelles menaces pèsent sur les grands requins ?

Malgré leur réputation de mangeurs d’hommes, on dénombre seulement 5 attaques mortelles par an en moyenne, pour 100 millions de requins tués. En 2019, dans le monde, on estime que 3 requins meurent par seconde.

Les requins se trouvent au sommet de la chaîne alimentaire, leur disparition pourrait engendrer des bouleversements écologiques majeurs. Leurs régimes alimentaires étant très diversifiés d’une espèce à l’autre, ils ont un rôle de régulateur sur les populations animales aquatiques.

Leur disparition provoquerait le déséquilibre des réseaux trophiques auxquels ils appartiennent.

Il devient primordial de préserver ces équilibres en appliquant des mesures de protection. Les principales causes de la disparition des requins sont : 
– la pêche intensive 
– la pollution croissante des océans 
– la dégradation des habitats (due notamment au chalutage de fond) 

Leur faible fécondité et leur maturité sexuelle tardive rendent ces espèces extrêmement vulnérables. Les requins sont souvent péchés uniquement pour leurs ailerons très appréciés dans les marchés d’Asie du Sud-Est. Depuis quelques années, on observe une diminution de la taille des prises, les requins sont péchés alors qu’ils n’ont pas encore atteint leur maturité sexuelle. Certaines espèces ont vu leur population chuter de façon drastique. Dans le golphe du Mexique, par exemple, la population de Carcharhinus longimanus (requin longimane) a diminué de 99 % en seulement 50 ans. Depuis la fin des années 80, il y a eu une prise de conscience sur la situation alarmante des requins.

En 1996, l’IUCN (International Union for Conservation of Nature) publie une nouvelle liste rouge. Sur les 64 espèces de raies et requins étudiées, les scientifiques ont établi que 32 % de ces dernières étaient directement menacées d’extinction.

Malgré l’urgence, les premières mesures de protection n’ont réellement été mises en place qu’au début des années 2000. Ainsi en 2003, le Conseil de l’Union européenne intente une action afin d’interdire le finning qui consiste à retirer toutes les nageoires du requin (dorsales, pectorales, pelviennes, caudales) alors qu’il est encore vivant et de le relâcher à la mer où il finira par mourir d’asphyxie au fond. Pour pouvoir pêcher les requins, les navires de l’UE doivent alors avoir des dérogations. Pour l’obtenir les pêcheurs doivent justifier de la nécessité de découpe des ailerons ainsi que de l’utilisation de toute partie du requin. Cette action est suivie par une partie de l’UE comme l’Allemagne et le Royaume-Uni qui n’octroient plus aucun permis de pêche.

En revanche, certains pays trouvent les failles de cette législation. Ainsi, l’Espagne a octroyé aux 2/3 de sa flotte de palangriers l’autorisation de pêcher les requins. En 2006, est fondée la Shark Alliance, organisation non-gouvernementale regroupant 60 ONG luttant en faveur de la protection des requins. L’IUCN a également mis en place un groupe de recherche dédié aux requins : l’IUCNSSG.

La Méditerranée détenait en 2007, selon l’ IUCN, le triste record du nombre de poissons cartilagineux menacés d’extinction avec 42 % des espèces de raies et requins en voie d’extinction. Ceci est sans doute dû à l’utilisation de filets dérivants malgré leur interdiction votée en 1992 par l’Union européenne et les Nations unies. En 2009, les Nation Unies mettent en place en « plan d’action en faveur des requins », les pêcheurs devront respecter les quotas et tenir un registre des captures.

Depuis 30 ans, nombre d’études ont été réalisées sur les populations de requin et toutes sont unanimes, il est indispensable de préserver des populations suffisantes de ces supers prédateurs pour garantir la bonne santé des océans.