Pieuvre, poulpe, seiche, calmar : quelles différences ?

La pieuvre, le poulpe, la seiche et le calmar sont des mollusques qui appartiennent à la famille des céphalopodes. Munis de multiples bras, ils se déplacent par propulsion, peuvent répandre de l’encre en cas de danger et sont dotés d’une grande intelligence. Mais alors, quelle est la différence entre ces quatre espèces d’invertébrés marins qui passionnent tant les scientifiques ?

Un peu d’étymologie

Le mot « Poulpe » vient du grec « Polypous » qui signifie « Plusieurs pieds », tandis que le mot « Seiche » dérive du latin « Sepia » en référence à sa fameuse encre noire. Quand au mot « Calmar », beaucoup plus récent, il vient de l’italien « Calamaro », un terme utilisé pour désigner un coffret de rangement des plumes à écrire au XVII ème siècle. On retrouve donc certains des traits caractéristiques de nos céphalopodes. Et la pieuvre dans tout ça ? Au risque de vous décevoir, il s’agit exactement du même animal que le poulpe. C’est un terme plus récent qui a été popularisé par Victor Hugo à la suite d’un voyage sur l’île de Guernesey.

Calmar tropical – Sepiadarium kochi © Rickard Zerpe

Tous les mêmes ?

Illustration de l’édition originale de 1870 de Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne.

Histoire

Le poulpe, le calmar et la seiche ont tous les trois fait leur apparition il y a plus de 500 millions d’années. De la pieuvre incarnée par le monstre marin Kraken à Chthulhu, cet animal fantastique à la tête de seiche et aux tentacules de calmar ; en passant par Paul le poulpe, qui avait prédit 85% des résultats de la Coupe du monde de football en 2010, les céphalopodes font partie de l’imaginaire collectif. Souvent confondus, ils partagent plusieurs caractéristiques.

Morphologie

Ils sont dotés d’un corps musculaire appelé le « manteau », de bras avec ventouses, d’un bec corné avec deux mandibules dont la puissance leur permet de briser la coquille de leurs proies et d’une vision binoculaire avec des yeux de chaque côté de la tête. S’ils ne distinguent pas les couleurs, ils possèdent en revanche une excellente vue y compris dans le noir. Grâce à la richesse de leurs cellules pigmentaires, ils sont capables de changer de couleur et de motif en un temps record afin de se camoufler dans leur environnement ou d’intimider leurs adversaires. Autre technique de prédation, le jet d’encre : quelques gouttes de sepia puisées dans leur poche du noir suffisent à troubler l’eau.

Moyen de locomotion

Ils se déplacent par propulsion (sur le même modèle que les avions à réaction) en chassant l’eau de mer à travers un siphon, ce qui leur permet d’atteindre une vitesse surprenante – et à reculons en plus ! Certaines espèces de calmars sont mêmes capables de voler à la surface de l’eau sur de courtes distances.

Alimentation

Très bons chasseurs, ils se nourrissent de mollusques, de poissons et de crustacés.

Espérance de vie

Pour la plupart, elle est courte, de 2 à 3 ans environ. La pieuvre géante du Pacifique atteint l’âge de 5 ans à l’état sauvage.

Même le calmar géant, parmi les plus grands animaux marins au monde vivrait « seulement » autour de 5 ans.

Mais alors, comment les distinguer ?

La « pieuvre photogénique » – Wunderpus photogenicus © Rickard Zerpe

Octopodes et décapodes

Le poulpe, le bien-nommé « Octopus » dans les pays anglophones, dispose de huit bras et contrairement aux idées reçues, il n’a pas de tentacules. Quant au calmar et à la seiche, ils sont dotés du même nombre de bras auxquels viennent s’ajouter deux longues tentacules.

Mais alors, quelle est la différence entre un bras et une tentacule ? Un bras est couvert de rangées de ventouses sur toute sa longueur tandis que les tentacules sont munies de ventouses à leurs extrémités. Donc, pour reconnaître un poulpe il suffit de vérifier s’il a huit bras. S’il en a dix, c’est un décapode : un calmar ou une seiche.

Avec ou sans coquille

Le poulpe est dépourvu de tout squelette, tandis que la seiche est équipée d’un sépion, un os blanc et rigide rempli d’air qui lui permet d’assurer sa flottabilité (celui que vous retrouvez parfois sur la plage). Quant au calmar, il dispose également d’une coquille interne mais qui prend une forme de plume semi-transparente. Ainsi, les calmars et les seiches ont une forme aplatie et bien plus allongée que les poulpes.

Question de milieu

Le poulpe évolue dans les eaux littorales, généralement en profondeur dans des trous ou des crevasses qu’il quitte rarement. La seiche vit près du fond dans des zones rocheuses ou des fonds sablonneux. Quant au calmar, certaines de ses espèces vivent près des côtes et plutôt à la surface tandis que d’autres espèces favorisent des eaux très profondes.

Calmar récifal à grandes nageoires – Sepioteuthis lessoniana © Rickard Zerpe

Un céphalopode mystérieux

De nos jours, le poulpe cristallise les recherches chez les scientifiques. Connu pour son intelligence et ses capacités de mémorisation, de déduction et d’apprentissage, il intrigue également à de nombreux égards :

  • La femelle poulpe meurt après l’éclosion de ses œufs ;
  • Le poulpe a trois cœurs, un cerveau, des amas nerveux à chaque bras et le sang bleu ;
  • Il construit des villes et décore son environnement ;
  • Le poulpe est conscient de lui-même et peut souffrir de dépression.

Mais ça, c’est une autre histoire qui mérite un article à part entière. Pour l’heure, vous devriez être en mesure de différencier un poulpe, un calmar et une seiche.

Par Morgane Mollé

Sources

Pour aller plus loin