Le paludarium pour reproduire un biotope amazonien

Réaliser un aquarium biotope de type amazonien nécessite de longues recherches. Pour y voir plus clair, nous vous présentons la réalisation ambitieuse d’un paludarium simulant un ruisseau tropical sud-américain.

Contexte : Les ruisseaux à eaux noires

Les rivières de la forêt amazonienne se caractérisent par leur richesse biologique. On y dénombre plus de 3.000 espèces de poissons. C’est également le cadre de croissance de nombreuses plantes, parmi elles, les orchidées (plus de 20.000 espèces).

Les fleuves sont d’une taille si large que chaque milieu a évolué de manière totalement indépendante, constituant de véritables îlots de biodiversité. Dans ces îlots se rencontrent des biotopes atypiques, celui des ruisselets, dans lesquels se déversent en premier ressort les pluies tropicales.

Ces écosystèmes sont souvent constitués d’eaux noires, acides et très douces. La couleur et les caractéristiques de l’eau proviennent des matières organiques (feuilles, fruits) en décomposition.

C’est dans cet univers atypique que résident de nombreuses poissons de petite taille qui font partie des espèces emblématiques du hobby aquariophile.

Couple d’Apistogramma norberti

La population

Un aquariophile averti a réalisé le projet ambitieux de reconstituer l’un de ces milieux autour de six espèces de poisson :

  • Apistogramma norberti (cichlidé nain)
Nannostomus mortenthaleri - Piotr Stolc
Nannostomus mortenthaleri – Piotr Stolc

Le Rio d’origine

Le choix s’est porté sur le bassin du Rio Tahuayo car il y avait la possibilité d’importer directement des poissons de cette région en Pologne.

Rio Tahuayo – Luis Manuel Moll

La réalisation

Neufs longs mois de travail ont été nécessaires pour réaliser ce projet d’envergure, qui simule aussi bien la luminosité naturelle, tout au long de la journée, que les pluies tropicales quasiment continuelles.

L’idée de départ ne comprenait pas de partie extérieure. C’est en attendant l’arrivée des poissons qu’a émergé le projet de réaliser un paludarium avec une partie immergée et une partie terrestre. Le projet a alors pris une toute autre envergure avec la mise en place d’un cycle de l’eau sous forme de cascades.

Les plantes n’ont pas pu être commandées au Pérou. Cependant, plusieurs espèces originaires du bassin amazonien étaient disponibles dans le commerce.

Les plantes extérieures sélectionnées pour le biotope sont les suivantes :

  • Monstera deliciosa
  • Fittonia verschaffeltii
  • Scindapsus sp.
  • Tillandsia bulbosa
  • Usneoides Tillandsia
  • Syngonium Schott
  • Polypodiopsida sp.

Dans l’aquarium, le substrat est constitué de sable très fin, condition sine qua none pour l’élevage d’Apistogramma sauvages. Le reste du décors est composé de feuilles de Magnolia, de coquilles de noix de coco, de racines et des plantes Echinodorus amazonicus et Ceratopteris thalictroides.

La partie extérieure du paludarium a été réalisée à l’aide de mousse de polystyrène et de mousse d’étanchéité de polyuréthane. Cette partie a été montée sur l’aquarium au bout de quatre semaines. Aucun engrais ni conditionneurs n’a été utilisé, ni pour l’aquarium, ni pour le paludarium.

La difficulté principale a résidé dans la mise en place des cascades pour des problématiques de pression. Au final, le dispositif fait plus de 2 mètres de haut. Les paramètres d’eau sont les suivants : pH : 6.0, GH : 1, T° : 26°C.

Les poissons sont nourris avec des aliments sans additif et de la nourriture vivante telle que la saumure de crevettes et les larves de moustiques.

Pour simuler au plus près les conditions naturelles, un micro-ordinateur a dû être installé pour pouvoir suivre en direct l’évolution de l’ensemble des paramètres.

Après des mois d’effort, le résultat est bluffant. Nous vous laissons apprécier par vous même :


Paludarium – automated, realistic effects