Comment nourrir les poissons d’aquarium ?

Comment nourrir les poissons d’aquarium ? © peter maguire

Par Robert Allgayer, Vice président FFA
& Benoit Chartrer, Fishipedia

La bonne alimentation des poissons est l’une des clés pour la réussite de son expérience aquariophile. Comme chez la plupart des animaux, le premier signe de bonne santé, c’est l’appétit.

Dans la nature, de nombreux poissons sont opportunistes, et sont en constante quête de nourriture. Ce mode d’administration est compliqué à reproduire en captivité. Cependant, le régime alimentaire naturel définira les besoins alimentaires en aquarium. Certaines règles élémentaires doivent être respectées pour éviter carences et maladies.

La qualité de l’alimentation influe sur la santé, la croissance et le cycle de reproduction des poissons, mais également sur la pollution et l’équilibre biologique de l’aquarium. Au cours de sa maintenance en captivité, un poisson peut accepter une nourriture inadaptée (à défaut), mais à long terme celle-ci sera néfaste pour sa santé et pour l’aquarium.

Aujourd’hui, grâce à l’alimentation « en kit », l’aquariophilie est plus facilement accessible aux personnes qui ne désirent pas ou qui ne peuvent pas entretenir de la nourriture vivante. Les anciennes critiques d’aquariophiles chevronnés envers la nourriture lyophilisée semblent aujourd’hui dépassées. 

La diversité des produits disponibles dans le commerce, concoctés à partir de nombreux ingrédients, diminuent notablement les risques de carence. Le secret réside dans le choix d’aliments adapté au régime alimentaire de chaque poisson.

Pour bien faire ce choix, nous vous proposons, tout d’abord, d’étudier les besoins des poissons d’aquarium.

Rapport morphologie / régime alimentaire

La forme de la bouche

Exemple de poisson avec la bouche orientée vers le haut
Exemple de poisson avec la bouche orientée vers le haut – Enrico Ritcher

La morphologie de la bouche est adaptée à la prise de nourriture par sa taille et par sa forme.

Les poissons se nourrissant en surface ont une bouche orienté vers le dessus. A l’inverse, les Loricariidae brouteurs d’algues, ont une bouche ventrale qui leur sert aussi d’organe de fixation.

Un prédateur piscivore aura une bouche en position terminale ou prognate de grande taille en position ouverte et dotée d’une dentition acérée. La bouche de ces espèces est souvent protractile (capable de s’agrandir et de s’allonger pour capturer des proies).

La longueur du tube digestif

La longueur du tube digestif est un atout pour certains poissons. Chez tous les herbivores mono-gastriques (et pas seulement chez les poissons), on rencontre un intestin long et volumineux qui permet l’installation d’une flore microbienne commensale. Cette population microbienne digère les glucides et la cellulose des végétaux, au profit de l’herbivore (cas typique des Tropheus et des Petrochromis).

Les besoins alimentaires des poissons d’aquarium

Les poissons ont besoin de certaines teneurs en protéines, glucides, lipides, vitamines et minéraux dans leur alimentation pour assurer leur survie et leur développement. Les taux de ces différents nutriments (ou aliments simples) sont variables selon le régime alimentaire.

Les différents régimes alimentaires

On peut diviser en quatre catégories les régimes alimentaires des poissons dans leur milieu naturel : carnivore, herbivore, limnivore et omnivore.
Ces catégories ne sont pas rigides, par exemple, le scalaire est omnivore à tendance carnivore.

Ces différents régimes correspondent à des modalités de prise de nourriture différentes selon la taille de l’estomac.

Régime alimentaireCarnivoreHerbivoreLimnivore / détritivoreOmnivore
Morphologie du tube digestif Estomac volumineux Intestin court Petit estomac Intestin long Petit estomac Intestin long Intermédiaire
Rythme alimentaire 1 à 2 prises / jour 3 à 4 prises/ jour prise continue 2 à 3 prises/jour
Type d’alimentation Poisson pour les prédateurs , crustacés pour les autres espèces Fruits, plantes, algues + compléments (crustacés) Substances végétales en décomposition + animalcules Mélange de type carné ou végétal
ExemplesCharacidae, certains cichlidae, notopteridae… Nombreux loricariidae (Ancistrus…) Callichtyidés (Corydoras sp) cyprinidés, nombreux Characidae (néon), nombreux Cichlidae, Poeciliidae (Guppy, xipho, molly)

Limnivore* = qui se nourrit des débris organiques contenus dans le limon.

Les poissons du genre Osteoglossum  se satisfont d’une volumineuse prise de nourriture (poisson) de temps en temps, alors que ceux du genre Corydoras passent leur temps à s’alimenter.

Les besoins en énergie

Ils sont très difficiles à connaître chez les poissons. Toutefois, étant poïkilothermes (température adaptée au milieu ambiant), ces derniers ont des besoins moins importants que les mammifères et proportionnels à la température de l’eau.

A 20 °C et toute proportion gardée, le poisson rouge a des besoins 4 fois moins important que l’homme. (Sales, J & Geert P.J. Janssens : 2003). La forme hydrodynamique permet une importante économie pendant les déplacements. Enfin, ils utilisent des voies métaboliques moins coûteuses que celles des mammifères.

Dans la nature, les poissons sont confrontés à une alimentation pauvre en énergie. Ils se sont adaptés en développant un insatiable appétit. En captivité, on ne peut respecter ce comportement, sinon l’aquarium deviendrait vite surchargé en substances organiques.

Au contraire, on va  utiliser une nourriture riche mais en petite quantité.

Estimations :

Espèce Poids en gramme Quantité de nourriture (en milligramme) par jour Pourcentage du poids Flocons/jour et par poissons (**)
Poisson rouge (*) 3.6 14.4 0.4 2.4
Cardinalis 0.18 < 3.4 1.9 0.6
Danio rerio 0.3 < 7.2 < 2.4 < 1.2
Pelvicachromis 1 < 10.2 < 1.0 < 1.7
Trichogaster 1.9 28.5 < 1.5 < 4.9

Remarque : le besoin énergétique dépend  de l’espèce, de l’activité, de la température de l’eau mais reste très faible par rapport aux animaux homéothermes. A partir de ces données, une boite de 250 g de flocons peut nourrir pendant un peu plus de 4 ans une population de 10 néons, 10 danios et deux gouramis !

Il est donc inutile d’acheter de gros conditionnement quand on a un petit aquarium.

Les protéines

Elles se rencontrent essentiellement dans les denrées d’origine animale. Le poisson étant surtout constitué de protéines, il a un besoin impératif de celles-ci pour assurer un cycle de reconstitution et de croissance protéique. Toutefois, il convient de ne pas dépasser certaines valeurs, surtout chez les herbivores. En effet, au-dessus d’un certain seuil, les protéines en excès sont gaspillées. Ce processus se traduit par la formation de NH3 (ammoniaque), toxique à faible dose, excrété par les branchies, puis à plus long terme de NO3 (nitrates).

On voit ici qu’une nourriture mal adaptée ou distribuée trop abondamment constitue une source majeure de dégradation de la qualité de l’eau.

Lorsque l’on parle de protéine, il faut prendre en compte la valeur biologique; c’est à dire l’efficacité et la teneur en acides aminés essentiels. Par exemple, le cœur de bœuf est mieux utilisé que le tendon du même animal pour une teneur en protéines proche. Pour nos poissons d’aquarium, la farine de poisson ou le blanc d’œuf (albumine) constituent de très bons ingrédients car ils ont une grande valeur biologique.

Les lipides (ou graisse)

C’est la source d’énergie préférentielle. En effet, après avoir été utilisés par les cellules, les lipides se décomposent en eau et en dioxyde de carbone (CO2), inoffensifs.

Attention, la  surcharge de lipides entraînerait des complications très graves comme la mort du poisson à la suite d’une dégénérescence graisseuse du foie. Les lipides permettent d’économiser l’utilisation des protéines dans la production d’énergie, il faut donc une teneur suffisante pour éviter la formation de NH3.

Les lipides doivent provenir de végétaux, de farine poisson ou crustacés pour contenir suffisamment d’acides gras essentiels (acides gras insaturés). Ils s’oxydent facilement au contact de l’air en donnant des composés toxiques (odeur de rance). On veillera  à ne pas stocker l’aliment trop longtemps. Enfin, les lipides sont le support des vitamines liposolubles.

Les graisses d’animaux terrestres sont peu compatibles avec le régime des poissons d’aquariums. A température des aquariums, elles sont à l’état solide et peu digestes.

Le cœur de bœuf, ingrédient traditionnel, doit être soigneusement sélectionné afin d’éliminer la graisse. Il est déconseillé pour les poissons adultes car il est à l’origine de foie cirrhotique.

Les glucides

Les glucides sont rares dans l’écosystème aquatique et ne sont généralement pas nécessaires. Sauf pour les herbivores dont la flore microbienne intestinale est suffisamment développée pour les digérer. A l’inverse un carnivore ne peut que partiellement les incorporer.

La cellulose

C’est un constituant des parois végétales. Elle est mieux digérée par les herbivores. Cependant, sa présence favorise et régule le transit intestinal, même chez les carnivores.

Un aliment trop fin ou avec peu de cellulose provoque de graves problèmes digestifs. Actuellement, la Spiruline est un complément facile d’accès et remplace avantageusement les fibres.

L’eau

Elle conditionne la durée de conservation de l’aliment. Elle ne doit pas dépasser 15% de la composition d’une nourriture sèche.

Son rôle est important dans la conservation des aliments congelés. Sans rentrer dans les détails, nous vous déconseillons d’utiliser trop souvent des aliments congelés pour poisson car ces aliments sont facilement polluée.

Les vitamines

Certaines sont indispensables pour le bon fonctionnement de l’organisme. Les besoins exacts sont difficiles à connaître pour toutes les espèces et les études menées sur le saumon et la truite sont difficilement applicables aux espèces tropicales.

Les vitamines peuvent être divisées en deux groupes; les vitamines liposolubles, qui se trouvent dans les lipides, et les vitamines hydrosolubles, qui s’échappent de l’aliment en présence d’eau.

Pour les vitamines liposolubles, les carences sont extrêmement rares à condition d’avoir un aliment contenant suffisamment de lipides.

Les vitamines hydrosolubles contenus dans un aliment en paillettes sont lessivées dans les trente secondes qui suivent l’introduction de l’aliment dans l’aquarium. (Vast, C. & R. Allgayer : 2011)

Ces vitamines sont alors perdues pour les poissons. La forme de l’aliment est essentielle car plus la surface est petite par rapport au volume et plus les vitamines hydrosolubles sont protégées du lessivage de l’eau. C’est un argument en faveur de la nourriture en granulés par rapport à la nourriture en paillettes.

Les carences en vitamines se manifestent par des symptômes divers : diminution de la résistance aux maladies, apathie, dérèglement hormonal et métabolique, diminution de la fécondité et de la croissance, mortalité… Pour assurer une bonne conservation des vitamines, il faut un emballage hermétique et opaque. Après ouverture, les vitamines ne se conservent que trois mois!

Attention aussi aux excès du marketing : « enrichi en … ». Les besoins des poissons étant inconnus, les excès en vitamines sont aussi néfaste que les carences.

Minéraux et oligo-éléments

Les poissons sont capables de prélever directement dans l’eau les minéraux dont ils ont besoin. De plus, les aliments industriels ont, dans leurs ingrédients, des substances végétales riches en minéraux. A l’inverse, la nourriture vivante est souvent carencée en minéraux et oligo-éléments. Il faut en tenir compte dans une eau peu minéralisée.

Vous trouverez les références admises pour chaque régime. Protéines et lipides sont les principales valeurs à prendre en compte puisque les autres composantes (glucides, cellulose) sont conditionnées par les deux premières.

Les différentes options disponibles

Les aliments en paillettes (flocons à couche fine)

C’est le type d’aliments le plus utilisé aujourd’hui, mais leur succès ne répond pas souvent à leur qualité nutritionnelle.

La composition est variable, ce type est souvent destiné aux poissons omnivores.

Escalator à paillettes – Robert Allgayer

Sur les tambours de séchage, la température élevée dénature les protéines et les vitamines. Les traitements thermiques abaissent la valeur biologique des protéines et la fragile structure des vitamines ne résiste mal à ces traitements.

La nourriture en paillette se dissocie trop rapidement en petits fragments qui vont être inaccessibles aux poissons. Elle a tendance à couler trop facilement, ce qui n’est pas du goût de toutes les espèces.

D’un point de vue pratique, la quantité incorporée est difficilement mesurable et favorise un risque de suralimentation.

Aujourd’hui, il est nécessaire d’être particulièrement vigilent aux compositions et d’avoir bien à l’esprit que ce type de nourriture ne répond pas souvent aux besoins des poissons.

Les aliments en granulés

Taille, flottaison et composition sont variables et permettent de satisfaire beaucoup de poissons. Par exemple, le Danio rerio préfère un granulé de petite taille, qui flotte quelque temps, et adapté à un régime omnivore. A l’inverse, les loricariidés réclament de gros granulé à base de végétaux dont la flottaison est nulle.

Ici encore, la qualité de fabrication est variable. Certaines marques utilisent des techniques d’extrusion à froid. Les températures de fabrication étant beaucoup moins élevées, les vitamines et les protéines se retrouvent quasiment inchangées dans l’aliment final.

Le granulé résiste mieux au lessivage de l’eau (surtout important pour les vitamines).

Enfin, on peut plus facilement mesurer la quantité à distribuer à l’aide de dosettes (pratique lors d’absences prolongées et de délégation au nourrissage).

Les aliments en granulés correspondent aux besoins de nombreux poissons même si leur appétence reste faible. Ici encore, il est impératif de regarder la constitution des aliments.

La nourriture vivante

Autre exemple de nourriture vivante : la daphnie – Peter Maguire

C’est, de loin, la nourriture la plus appétissante et la moins polluante. Malheureusement, elle se conserve mal et nécessite d’être produite en petite quantité. Des aquariophiles avertis ont développé de nombreuses techniques pour élever différentes nourritures vivantes.

L’été est la saison propice à la recherche de nourriture vivante dans les étangs et cours d’eau.

Exemple : l’artémia, petite crevette d’eau saumâtre, est facile à élever puisque ses œufs se conservent très bien à température ambiante et au sec. Avec une petite installation, ces œufs éclosent en quelques jours et apportent à de jeunes alevins une nourriture irremplaçable à leur développement, les nauplii à forte appétence.

On trouve aussi dans les magasins de la « nourriture vivante » conservée sous l’emprise du froid.

Artemia salina vivants – Robert Allgayer

A moins de tomber sur la perle des animaleries qui est capable de vous prouver que la traçabilité de son produit est irréprochable, nous vous déconseillons cependant l’achat de ces produits.

Les conditions d’élevage des vers de vase ou des Tubifex sont à ce jour très opaques. Soyez prudents quant à l’achat de ces aliments en animalerie car il peuvent s’accompagner de métaux lourds et d’agents pathogènes, responsables potentiels de maladies graves.

La nourriture vivante est très utile :

– lors de l’acclimatation d’espèces difficiles,

– lors de la reproduction,

– pour l’élevage des alevins,

– en convalescence après une longue et cruelle maladie.

Mais il faut avoir toutes les garanties sur sa provenance, sa qualité et sa conservation pour éviter l’introduction de bactéries.

La nourriture congelée

Elle présente l’avantage de diminuer le risque pathogène par rapport à la nourriture vivante. La nourriture congelée se présente sous la forme d’aliments simples (épinards, vers de vase, artémias…), ou sous forme composée ( épinards + cœur de bœuf…).

La nourriture congelée est très polluante, elle ne doit pas être utilisée tous les jours mais seulement en complément d’une nourriture à base de granulés. On veillera à respecter la chaîne du froid en ne la recongelant jamais.

La nourriture lyophilisée

La nourriture lyophilisée présente les mêmes avantages que la nourriture congelée. Sa texture ferme et légère réduit les risques de pollution. Mais les procédés de fabrication limitent les ingrédients utilisables. Elle est recommandée comme complément.

Il existe aussi à côté de ses aliments, d’autres présentations :

– les daphnies séchées, qui de par leur mode de fabrication, n’ont aucun intérêt alimentaire sauf peut-être de faire du ballaste. Par manque de conseil, de nombreux néophytes utilisent cette nourriture comme aliment de base pour poissons rouges.

– les aliments liquides qui n’ont ni la qualité de la nourriture, ni la consistance des granulés. Leur appétence en fait des friandises de choix et c’est à peu près tout leur intérêt.

L’alimentation en pratique

Choisir le bon ingrédient

En aquarium communautaire, pour satisfaire les besoins de la plupart des espèces, nous recommandons une ration de base composée de granulés, à compléter avec de la nourriture vivante, congelée ou lyophilisée.

Les protéines et les lipides sont les deux principaux ingrédients principaux à prendre en compte. On choisira un aliment de base conforme aux besoins du type alimentaire majoritaire des poissons de l’aquarium. Ensuite on choisira un granulé adapté à la taille de la bouche des poissons.

Scalaire F2 © Alexandre Jan

Exemple 1 : l’aquarium spécifique dédié à la reproduction

On a en général qu’une seule espèce. La composition de l’aliment est donc facile à déterminer. Pour un couple d’Apistogramma cacatuoïdes, qui chassent des crustacés et des larves d’insectes dans la nature, on choisira un granulé riche en protéines, de grosseur moyenne et qui coule lentement (car ce poisson est timide). En complément, on leur donnera de la nourriture vivante.

Exemple 2 : l’aquarium communautaire

Pour bien choisir, il convient d’oublier les poissons et de réfléchir à « l’animal-aquarium ». Est-il globalement carnivore, omnivore ou herbivore ?

La plupart du temps, l’« animal-aquarium » est omnivore. Un granulé « tout poisson » convient à sa ration de base. Ensuite, les compléments seront choisis en fonction des régimes spécifiques de ses hôtes et le rythme de distribution sera ajusté en fonction de l’importance respective des grands types alimentaires.

Pour des scalaires, des néons et des guppies, on choisira une alimentation omnivore que l’on pourra compléter tantôt d’épinards, tantôt d’artémias congelés. On pourrait aussi choisir une alimentation carnivore que l’on complémenterait par des épinards (par exemple). Les granulés seront de petite taille et flotteront assez peu longtemps pour éviter que les poissons dominants (scalaires dans ce cas) ne privent de nourriture les autres.

Conseil : Préférez les marques d’aliment qui précisent la date de péremption au lieu de la date de fabrication. Pour éviter un stockage trop long, choisissez des boites de petite dimension.

Remarque : lorsqu’ils sont en période de reproduction, les poissons doivent être nourris abondamment et avoir une qualité d’eau irréprochable. Pour concilier ces deux impératifs, l’aquariophile doit faire des changements d’eau fréquents.

Le cas des poissons de fond : Les poissons de fond (Ancistrus, Corydoras…) accèdent plus difficilement à la nourriture. Il est nécessaire de leur donner des comprimés dédiés, plus lourds, qui ne seront pas mangés avant d’avoir touché le fond.

Les poissons qui mangent les plantes : Beaucoup d’aquariophiles pensent que si leurs poissons mangent les plantes, c’est parce qu’ils n’ont pas assez à manger. Dans beaucoup de cas, c’est faux; c’est uniquement parce que la teneur en glucides et en cellulose de leur alimentation est insuffisante.

La quantité de nourriture

Il est très important de comprendre que les poissons ont besoin d’une faible quantité de nourriture. Plus de poissons meurent de suralimentation que de sous-nutrition.

Leur insatiable appétit provient de leur comportement dans la nature où l’aliment est rare et de faible densité énergétique (en clair: tout ce qu’ils trouvent est bon à prendre).

En aquarium, pour éviter une pollution par l’aliment, on utilisera une nourriture riche mais en faible quantité. En conséquence,  c’est à vous de rationner vos pensionnaires.

A chaque prise, tout l’aliment doit disparaître en moins de 2 minutes (sauf pour les poissons de fond).

Astuce Week-end : Un poisson peut facilement jeûner pendant une courte période. Il est plus intéressant de mettre vos pensionnaires à la diète pendant un cours voyage (fin de semaine) que d’utiliser un aliment spécial « Absence ».

Le rythme de distribution

D’après l’exemple de la nature, on peut prendre comme référence une ration quotidienne distribuée en deux à trois distributions et toujours pendant que les poissons sont en activité (1/2h après l’allumage jusqu’à 1/4h avant l’extinction, valable pour les poissons diurnes).

Au-dessus de trois prises par jour, la quantité (donc faible) risque d’être trop diluée et seuls les poissons dominants se nourriront. En dessous de deux distributions par jour, on augmente les risques de gaspillage et donc la pollution.

Pour les poissons de fond dont l’activité est principalement nocturne, on introduira les granulés au moment de l’extinction.

Des expériences pratiques montrent qu’il est utile de faire jeûner les poissons une fois par semaine afin qu’ils soient forcés de nettoyer le sable et de brouter les algues.

Astuce Nitrate : En pratique, on peut suivre la qualité de distribution de nourriture en testant simplement les nitrates. Si votre taux de nitrates a doublé à la fin de la semaine, diminuer au moins par deux la quantité journalière ou augmenter la fréquence des changements d’eau. Le taux de nitrates maximal conseillé est de 50 mg/l. Des valeurs supérieures montre que l’aquarium est trop peuplé, trop nourri et que les changements ne sont pas assez fréquents.

Les modalités de distribution

Nourrissez les poissons à la main, ainsi vous pourrez plus facilement surveiller leur état de santé. L’utilisation d’une dosette est plus rationnelle. Vos pensionnaires reconnaîtront plus facilement le moment du repas et gaspilleront moins la nourriture.

Évitez autant que possible l’utilisation d’un distributeur automatique en dehors des périodes de vacances.

Astuce Pollution : Prohibez l’utilisation des « blocs vacances » ou « week-end », pollueurs et peu efficaces. Évitez autant que possible l’utilisation d’un distributeur automatique en dehors des périodes de vacances.

Changement de nourriture

Si vos poissons ont été habitués à une alimentation en paillettes et que vous optez pour les granulés, ils risquent d’être perturbés les premiers jours.

Soyez patients et persévérez, sans exagérer sur les doses.

Un poisson n’a pas le même rapport avec son alimentation que l’homme. Il semble se satisfaire d’un menu identique tout au long de sa vie à condition que l’aliment soit adapté. Cependant, les études manquent sur ce sujet et nous vous conseillons d’alterner autant que possible les aliments.

Cas des poissons sauvages : Les spécimens prélevés dans la nature (et les premières générations provenant de poissons sauvages) sont à déconseiller pour le néophytes car ils ne s’habituent que difficilement à une nourriture industrielle.

Conclusion

Les aliments du commerce spécialisé sont intéressants aussi bien pour le néophyte que pour l’amateur confirmé, à condition de les choisir judicieusement.

Les poissons ont des besoins quantitatifs faibles mais des besoins qualitatifs élevés (protéines). Les granulés présentent aujourd’hui, le meilleur compromis pour l’alimentation des poissons, mais il est probable que de nouvelles formules plus efficaces émergent, lorsque les problèmes de conservation des ingrédients humides seront résolus.

Comme pour votre propre alimentation, nous vous conseillons de lire la liste des ingrédients et les propriétés des produits proposés dans le commerce. Essayez également de vous renseigner sur les marques ayant bonne réputation dans le hobby.

N’oubliez pas qu’une boîte de nourriture peut durer des mois et que le coût est presque négligeable dans la note globale d’une maintenance en aquarium.

Bibliographie

Chong, A.S.C., Hashim, R., Ali, A.B., 2000. Dietary protein requirements

for discus (Symphysodon spp.). Aquac. Nutr. 6, 275–278.

James Sales & Geert P.J. Janssens Nutrient requirements of ornamental fish Aquat. Living Resour. 16 (2003) 533–540

Lorrin, J-J. 1997 L’élevage des  nourritures vivantes Edition FFA

Vast, C. 1994 Alimentation des poissons d’aquarium Edition FFA

Vast, C. & R. Allgayer 2011 Maladies des poissons d’aquariums et leur traitements Edition FFA