25 poissons à observer en masque / tuba à la Réunion

Quand on évoque l’île de la Réunion, le requin n’est jamais loin. Il truste l’attention des médias depuis 2011, année où sept attaques ont été répertoriées sur l’île. Un triste record.
Pourtant la biodiversité marine réunionnaise ne peut être réduite à ce prédateur dont la vie est aujourd’hui menacée.

La biodiversité marine de La Réunion est exceptionnelle.
Elle compte plus de 190 espèces de coraux, 1 300 espèces de mollusques, plus de 500 espèces de crustacés, 130 espèces d’échinodermes.
Sans oublier les 1 000 espèces de poissons, dont plusieurs sont endémiques.

Pour observer en masque et tuba tout ce beau monde, privilégiez les lagons.
Le récif corallien de la côte ouest de l’île a permis la formation de plusieurs d’entre eux. Ils ne sont pas très profonds : entre 1 et 2 mètres lorsque la marée est haute.
Malgré leurs petites tailles, les différents lagons de La Réunion représentent une véritable aubaine pour les amateurs de snorkeling.

Chaque lagon offre la possibilité de découvrir une fraction de la biodiversité réunionnaise : coraux aux multiples formes, zourites (poulpes), centaines d’espèces de poissons multicolores… Contrairement aux poissons des mers froides aux teintes plutôt sombres et ternes, ceux de la Réunion offrent une palette de couleurs inégalables.

Parmi les poissons les plus caractéristiques, on retrouve les poissons-ballons (ou « coffres »), les balistes-Picasso, les célèbres poissons clowns, les poissons papillons, les chirurgiens à queue fourchue, les poissons anges ou encore les empereurs…


La Réserve Naturelle Marine

Si la biodiversité marine de La Réunion est exceptionnelle, elle est aussi très fragile.
La Réserve Naturelle Marine est née pour la protéger. Classée en 2007, elle occupe une surface de 3 500 hectares.

La Réserve Marine englobe la barrière de corail de la côte ouest de l’île qui abrite des milliers d’espèces marines dans tous les lagons de l’île, sauf celui de Saint-Pierre.

Réserve Naturelle Marine de La Réunion © Carte de La Réunion

Elle a pour vocation de préserver l’extrême richesse de la biodiversité du patrimoine naturel marin de la Réunion, tout en conciliant, dans la mesure du possible, les activités humaines, locales et touristiques.

Ses trois missions sont :
– Informer les usagers des règlements de la Réserve Naturelle Marine et les faire appliquer.
– Organiser et réaliser des opérations d’aménagement visant à protéger les milieux et les espèces.
– Sensibiliser le public sur l’intérêt et le fonctionnement des écosystèmes marins, via des outils d’animation et de visites guidées.

La Réserve Naturelle Marine permet ainsi de maintenir en bonne santé la biodiversité marine de la Réunion. Une biodiversité qui vaut à l’archipel des Mascaraignes (La Réunion, l’île Maurice et Rodrigues) son inscription parmi les 10 principaux « hot spots » de biodiversité mondiale.


Les espèces présentées dans la liste suivante ont été sélectionnées de façon subjective. Nous les avons choisies à partir de plusieurs critères prédéfinis. Elles sont toutes communes dans l’ensemble des lagons. Elles sont facilement reconnaissables et observables en journée.
Ce sont principalement des poissons de petite taille qui vivent à faible profondeur.

Nous avons exclu certaines espèces car elles sont difficiles à apercevoir sans descendre en apnée ou en plongée, comme l’apogon irisé (Apogon kallpterus) ou la rascasse de Guam (Scorpaenodes guamensis).

Nous avons également dû choisir des espèces emblématiques parmi les différentes familles surreprésentés dans les lagons. Les familles concernées sont les rougets (mullidae), les demoiselles (pomacentridae), les labres (labridae), les poissons-chirurgiens (acanthuridae), les poissons-limes (monacanthidae), les poissons-papillons (chaetodontidae) et les poissons-soldats (holocentridae).

La plupart des espèces décrites ici sont sans danger. Attention toutefois aux balistes qui peuvent être agressives et mordre en période de reproduction. Les espèces de rascasse sont toutes venimeuses, en particulier les rascasses volantes. Il convient également de rester prudent lors des observations et de ne pas mettre la main dans les cavités sombres pour ne pas surprendre les murènes qui n’hésitent pas à mordre si elles se sentent menacées.

Les individus observés à très faible profondeur sont généralement des juvéniles. Certaines espèces, en particulier les prédateurs, sont plus facilement observables tôt le matin ou au couché du soleil.
La sociabilité des espèces peut également changer en fonction de la période de la journée.

Certains poissons sont très farouches. Pour avoir une chance de les voir et de vous en approcher, il vous faudra observer aussi à l’horizontal, et pas seulement en dessous de vous.

Les demoiselles et les poissons-clowns (pomacentridae)

Le sergent-major (Abudefduf sexfasciatus)

Sergent-major – Abudefduf sexfasciatus © François Libert

En Bref

C’est une des espèces les plus visibles et les plus faciles à identifier des récifs. Le corps est ovale, de couleur jaune-argenté, recouvert de 5 rayures verticales noires. Les nageoires possèdent des reflets bleu-turquoise.

Où l’observer ?

Il vit à proximité de tous les récifs, ainsi que dans les zones peu profondes. Curieux et opportunistes, des agglomérats de centaines d’individus peuvent se former lorsque le sol est remué.

La demoiselle à trois bandes noires (Dascyllus abudafur)

Demoiselle à trois bandes – Dascyllus abudafur © François Libert

En Bref

Comme son nom l’indique, ce poisson possède trois bandes verticales noires bien visibles. Les mâles construisent des nids et paradent pour attirer les femelles. Malgré leur petite taille, ils protègent ensuite avec virulence leur future progéniture.

Où l’observer ?

Cette espèce se mêle volontiers aux bancs de demoiselles à proximité des récifs. Les jeunes se cachent habituellement dans les coraux branchus.

Le poisson-cafre (Stegastes nigricans)

Le poisson-cafre – Stegastes nigricans © François Libert

En Bref

En période de reproduction, les mâles changent de couleur et une barre blanche apparaît au centre du corps. Le reste du temps, les adultes sont de couleur brune, avec la partie inférieure jaune pâle. Territoriaux, ils sont susceptibles de mordre d’autres poissons, et même des plongeurs trop envahissants !

Où l’observer ?

Le plus souvent observée en solitaire ou en couple, cette espèce territoriale défend un petit territoire sur des zones de coraux peu profonds de type Acropora dans lesquels il se cache en cas de danger.

La demoiselle de Talbot (Chrysiptera talboti)

Demoiselle de Talbot – Chrysiptera talboti © François Libert

En Bref

Cette petite espèce se nourrit de zooplancton à faible profondeur. Le corps est de couleur rose, la tête jaune vive. Elle est impossible à confondre avec ces congénères grâce à la tache noire présente à la base de la nageoire dorsale.

Où l’observer ?

Les adultes vivent en solitaire ou en petits groupes dans les zones riches en coraux.

Le poisson-clown de Maurice (Amphiprion chrysogaster)

En Bref

Ce petit cousin de Némo est endémique à l’Océan Indien Ouest. Il est bien connu à l’île Maurice et à La Réunion. Comme chez ces congénères, tous les individus naissent mâles, les dominants deviendront « femelle » et prendront la tête d’un harem.

Où l’observer ?

Ce clown est généralement en couple, associé à une anémone comme Heteractis magnifica ou Stichodatyla hadoni dans les zones peu profondes à l’intérieur comme à l’extérieur du lagon.

Les poissons-chirurgiens (acanthidaede)

Le chirurgien-bagnard (Acanthurus triostegus)

Chirurgien-bagnard – Acanthurus triostegus © François Libert

En Bref

C’est l’un des poissons-chirurgiens les plus communs de la région. Le corps est recouvert de 5 bandes verticales noires, la nageoire dorsale est jaunâtre. Les adultes s’adonnent à des parades d’intimidation facilement observables.

Où l’observer ?

Cet herbivore forme de petits bancs d’une dizaine d’individus. Les juvéniles sont facilement observables sur les bords de plage et dans les zones rocheuses et les récifs peu profonds dans les lagons.

Le poisson-chirurgien strié (Ctenochaetus striatus)

Ctenochaetus striatus, Reunion Island © François Libert

En Bref

Ce poisson-chirurgien est de couleur olive à brune. Il est recouvert de lignes longitudinales bleuâtres qui se reflètent parfois au soleil. Ils constituent un maillon essentiel dans la lutte contre une intoxication commune dans les zones tropicales : la ciguatera.

Où l’observer ?

Présente dans les lagons peu profonds comme sur les pentes extérieures, cette espèce forme de larges bancs broutant les algues sur les coraux et les rochers.

Le chirurgien-voilier (Zebrasoma desjardinii)

Chirurgien-voilier – Zebrasoma desjardinii) © François Libert

En Bref

Les très longues nageoires dorsale et anale de ce poisson-chirurgien en font l’un des poissons stars des récifs de La Réunion. Le corps est tricolore, avec des rayures noires entourées d’un liseré jaune-orangé. Les jeunes peuvent être confondus avec un proche cousin : le Z. veliferum.

Où l’observer ?

Les juvéniles évoluent en solitaire dans les zones coralliennes peu profondes des lagons. Les adultes, quant à eux, sont généralement solitaires et évoluent dans les zones rocheuses et coralliennes plus profondes.

Poisson-licorne à éperons bleus (Naso unicornis)

Poisson-licorne – Naso unicornis © François Libert

En bref

Les poissons-licornes existent bel et bien, et certains de leurs représentants sont facilement observables à la Réunion. Ces poissons-chirurgiens ont la particularité de posséder une bosse frontale qui s’allonge avec le temps. Leur corps est également plus élancé que leurs cousins.

Où l’observer ?

Bien que plus commune dans les zones de pentes externes des barrières de corail, cette espèce fréquente aussi les zones moyennement profondes des lagons intérieurs.

Les labres (Labridae)

Labre à lignes bleues (Stethojulis albovittata)

Labre à lignes bleues – Stethojulis albovittata © François Libert

En bref

Très commun, ce petit poisson très rapide vit en solitaire ou en petits groupes. La plupart naissent femelles, certaines d’entre elles se transforment en mâle à l’âge adulte. Il est facile à reconnaître grâce à ces lignes bleu-turquoise.

Où l’observer ?

Ce labre est présent dans les zones sableuses, rocheuses et coralliennes des lagons. Il chasse crustacés et mollusques à faible profondeur.

Labre à 3 queues (cheilinus trilobatus)

Labre à 3 queues – cheilinus trilobatus © François Libert

En bref

Le labre à 3 queues vit généralement en solitaire. C’est un carnassier spécialisé dans la chasse aux mollusques et aux crustacés mais il peut aussi capturer des poissons.

Où l’observer ?

Cette espèce de grande taille fréquente des milieux allant de l’eau saumâtre des estuaires aux tombants extérieurs. Elle est très fréquente dans les zones de « platier » corallien. Craintive, l’observer de près requiert de la patience.

Girelle paon de Hardwicke (Thalassoma hardwicke)

Girella paon de Hardwicke – Thalassoma hardwicke © François Libert

En bref

Ce poisson a un mode de vie proche de son cousin méditerranéen, la girelle paon. Les adultes vivent en groupes éparses à la recherche de petits crustacés et mollusques. Ils font facilement identifiables à leurs six bandes noires.

Où l’observer ?

Cette espèce très active nage d’un corail à l’autre dans les lagons comme sur les pentes extérieures.

Les poissons-papillons

Le poisson-papillon à trois bandes (Chaetodon trifasciatus)

Poisson-papillon à trois bandes – Chaetodon trifasciatus © François Libert

En Bref

Cette espèce de couleur orangée est recouverte de lignes horizontales noires. Elle se reconnait facilement à la bande noire verticale qui traverse l’œil.

Où l’observer ?

Souvent en couple, ce poisson peu farouche est très présent dans les zones coralliennes des lagons de faible profondeur. Lorsqu’il est stressé, il se glisse sous les plateaux de coraux.

Le poisson-papillon jaune (Chaetodon auriga)

Poisson-papillon jaune – Chaetodon auriga © François Libert

En Bref

Il existe de nombreuses espèces de poissons-papillons à La Réunion. Le poisson-papillon jaune possède un motif tout à fait atypique constitué de deux séries de lignes obliques inversées noires.

Où l’observer ?

Solitaire ou en couple, cette espèce se déplace en pleine eau dans les zones récifales et sur les fonds sableux.

Les poissons-limes

Le poisson-lime Blackbar (Pervagor janthinosoma)

Poisson-lime Blackbar – Pervagor janthinosoma © François Libert

En bref

Les poissons-limes sont des petits carnivores à la nage vive. Cette espèce est facile à identifier. La nageoire caudale est orange vive et le corps est recouvert de lignes biscornues brunes.

Où l’observer ?

Solitaire, il évolue entre les branches des coraux, le plus souvent proche du fond dans les lagons intérieurs.

Poisson-lime panthère (Cantherhines pardalis)

Poisson-lime panthère – Cantherhines pardalis © François Libert

En bref

Contrairement à l’espèce précédente, ce poisson de couleur terne violacée possède un motif discret constitué de marbrures brunâtres. Il peut atteindre plus de 25 cm.

Où l’observer ?

Cette espèce solitaire fréquente les pentes extérieures des lagons

Les autres espèces

Mérou gateau (Epinephelus merra)

Mérou gateau – Epinephelus merra © François Libert

En bref

Le mérou gateau est un petit prédateur discret qui doit son nom à son motif couleur chocolat. C’est l’un des plus petits représentants de sa famille. Ce poisson, commun dans toute la zone Indo-Pacifique, fait partie des espèces les plus étudiées au monde chez les scientifiques.

Où l’observer ?

Cette espèce se rencontre dans les zones rocheuses, cachée dans le fond ou à proximité de crevasse.

L’idole des Maures (Zanclus cornutus)

Idole des Maures – Zanclus cornutus © François Libert

En Bref

C’est l’espèce correspondant au personnage de Gill dans le film Némo. Ce poisson est présent de La Réunion jusqu’au golfe de Californie. Il est le seul représentant de sa famille à ce jour. La nuit, il change de couleur et devient gris.

Où l’observer ?

Ce poisson cocher est observable depuis le bord de l’eau jusqu’au tombant externe des lagons. Il évolue d’une zone corallienne à une autre avec quelques passages sur fond sableux.

Rouget jaune (Parupeneus cyclostomus)

Rouget jaune – Parupeneus cyclostomus © François Libert

En bref

Parfois appelé poisson-chèvre, cette espèce est recherchée par les pêcheurs locaux. Ces couleurs bleues et jaunes vives le rendent facilement identifiable parmi les rougets.

Où l’observer ?

On retrouve, les adultes solitaires et les juvéniles en banc, en pleine eau dans les lagons , sur fond variés.

Le poisson-ballon à taches noires (Arothron nigropunctatus)

Poisson-ballon à taches noires – Arothron nigropunctatus © François Libert

En Bref

Comme les autres poissons-ballons, cette espèce est capable de se gonfler pour échapper à ses prédateurs. Pour ce faire, ce poisson avale de l’eau et remplit son estomac jusqu’à doubler de volume. Plusieurs espèces sont présentes à La Réunion mais celle-ci est le plus facile à reconnaître avec sa tête jaune vive.

Où l’observer ?

La nage lente de ce poisson le rend facile à observer. Peu farouche il se laisse approcher aisément. Il évolue dans les lagons et pentes externe.

Le baliste-Picasso (Rhinecanthus aculeatus)

Baliste-Picasso – Rhinecanthus aculeatus © François Libert

En Bref

L’un des poissons les plus teigneux du lagon. En période de reproduction, le baliste-Picasso n’hésite pas à attaquer les plongeurs qui viennent la déranger. Elle doit son nom à son motif atypique qui rappelle les peintures du grand peintre.

Où l’observer ?

Solitaire, le baliste Picasso nage en pleine eau, dans les lagons intérieurs, aussi bien sur zone sableuse qu’au-dessus des coraux.

Le poisson-coffre pintade (Ostracion meleagris)

Poisson coffre pintade – Ostracion meleagris © François Libert

En Bref

Ce poisson-coffre à la nage maladroite est facilement reconnaissable à son dos noir recouvert de tâches blanches et à ses flancs bleus ponctués de jaune. Comme ses cousins, le corps est en forme trapézoïdale. Il est rigidifié par des écailles soudées en plaques osseuses, ce qui le rend difficilement attrapable par les prédateurs du récif.

Où l’observer ?

Ce poisson timide nage près du sol, généralement entre les coraux des lagons de faible profondeur.

La rascasse volante (Pterois miles)

Rascasse volante – Pterois miles © François Libert

En Bref

Bien que moins dangereuse que le poisson-pierre, cette rascasse est très venimeuse au toucher. Elle doit son nom aux grandes nageoires pectorales qui lui donnent l’impression de flotter. Solitaire, ce chasseur redoutable est à l’affût à proximité des coraux, toujours en quête d’un petit poisson ou d’un crustacé imprudent.

Où l’observer ?

Chez cette espèce nocturne, les jeunes sont cachés dans les coraux des lagons intérieurs. Les adultes quant à eux fréquentent les zones plus profondes et les pentes externes des lagons.

Le poisson trompette (Aulostomus chinensis)

Le poisson trompette – Aulostomus chinensis © François Libert

En Bref

Bien qu’il paraisse totalement inoffensif, ce poisson est en réalité un petit prédateur spécialisé dans la chasse aux alevins et aux crevettes. Il utilise sa forme pour se faufiler dans toutes les zones du récif et joue de son mimétisme pour passer inaperçu.

Où l’observer ?

La nage lente du poisson trompette le rend facile à observer dans les lagons et pentes externes. Timide, il est difficile à approcher de près.

Le poisson-perroquet commun (Scarus psittacus)

Poisson perroquet commun – Scarus psittacus © François Libert

En Bref

C’est le poisson-perroquet le plus commun de La Réunion. D’ordinaire, il se rencontre en petits bancs, parfois en solitaire. Les adultes sont bleu vif sur la partie supérieure, rose sur la partie inférieure.

Où l’observer ?

Les jeunes poisson perroquets forment de grands bancs, grignotant le corail des lagons pour se nourrir. Les adultes solitaires ou en couple évoluent aussi bien dans les lagons peu profonds qu’au niveau des tombants extérieurs des récifs coralliens.

Réalisation
Nans Gourgousse
Benoit Chartrer
Adrien Falzon

Références :